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LA BALANCE DE LA MORT

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Pour mesurer la vraie valeur des choses, il n’est de meilleur étalon et point de référence que la Mort. Toute chose que tu acquerras dans cette présente vie. Tout bienfait enivrant qui t’adviendra.

Toute dure épreuve t’ayant une fois désespéré. Soupèse-les patiemment sur la balance de la fin ultime des choses, la Balance de la Mort. Car la Mort, seule, nous permet de bien comprendre le vrai sens de la Vie. Tu exultes pour ton apparence physique et ta bonne santé ?

Souviens-toi du jour prochain où la Mort et sa sœur utérine, la Maladie, t’en priveront à jamais. Souviens-toi du nombre incalculable de tes semblables qui étaient plus beaux, plus élégants et mieux portants que toi dans le passé et dont il ne reste aucune trace de chair sur cette terre. Tu exulteras peut-être alors moins…

Tu te sens infiniment heureux de l’abondance de tes biens, de ton excellent salaire, de ta belle maison et des immenses perspectives s’offrant à toi ? Rappelle-toi un instant de tous ceux qui, avant toi, étaient de loin plus riches, plus puissants, gagnaient cent fois mieux leur vie, croquaient la vie à pleines dents. Ces riches qui, depuis, ont enrichi la terre de l’humus immonde de leur corps putréfié.

Rappelle-toi du jour où tu seras obligé, ô cher ami, quelle que soit ton aisance et le prestige dont tu jouis aujourd’hui auprès des tiens, de tourner définitivement le dos à ces biens. De les léguer à des gens dont tu n’a même aucune idée de l’usage ultime qu’ils en feront après toi et qui t’oublieront fatalement… D’ailleurs, es-tu au moins sûr que tous ces nombreux biens ont été licitement acquis et qu’aucun d’entre eux ne te vaudra un épouvantable règlement de compte à l’Au-delà ?

Lorsque tu sera appelé à comparaître tout seul devant un Seigneur Infiniment Connaisseur. En es-tu si CERTAIN ?
Tu te targues de ta haute position sociale, due à ta naissance, à tes fonctions, tes prouesses artistiques, intellectuelles ou que-sais-je-encore ? Souviens-toi des autres « Grands » de ce monde t’ayant précédé qui peuplent les cimetières et dont tes prétentions ne sauraient jamais égaler le génie et la grandeur. Une grandeur qui n’a pu, en aucune façon, les protéger, le moment venu, des Affres de la Mort et des mêmes horreurs auxquelles furent soumis les plus humbles et la « populace » qu’ils toisaient…

Tu te confortes de la qualité de ton entourage et de la chaleureuse compagnie de tes proches ? C’est bien. Mais pense aussi au jour où la Mort t’obligera, de force, à te séparer d’eux pour toujours. Aussi fort que tu les aimes. Aussi fort qu’ils tiennent à toi. Le jour où, vieillissant, tu compteras ceux que tu aimais jadis et les rares amis qu’il te reste du bout de tes doigts rabougrissants.

Tu te penses courageux ?
La Mort est plus courageuse que toi. Elle qui ne reculera devant rien pour venir s’emparer brutalement de ton âme. Quels que soient le courage et l’ardeur que tu mettras pour lui résister.
Tu te trouves intelligent ?
La Mort est plus intelligente que toi. Elle qui parviendra un jour à te terrasser et te précipiter à jamais dans le trou infini de l’Eternité boueuse. Quels que soient tes artifices et ton genie créateur.
Tu es prêt à tout pour satisfaire tes bas instincts et tes passions, enivré par la force de ta jeunesse et l’étincelance de ta richesse ? Fais comme tu veux. Mais saches que la détermination de la Mort à matérialiser sa Volonté sur toi est infiniment plus forte. Elle qui a déjà tué sans pitié des milliards de plus jeunes et de plus riches que toi.

Elle qui te trouvera en pleine orgie, dans le feu de tes péchés, pour y mettre un terme aussi brutal que définitif. Sans te laisser aucune chance de repli. Tu crieras alors de toutes tes forces. Tu pleureras tout ton sang. Tu regretteras. Tu verras alors la Vérité. Chimères tout ceci ? On parie ?

Si jamais, donc, le Bas-monde s’offre voluptueusement à toi et t’incite à la fierté et à te satisfaire de ses éphémères atours. Si jamais tes biens matériels, ta position sociale, ton pouvoir, ta beauté, l’admiration de tes semblables, leur respect et d’autres avantages de la vie, t’obnubilent au point de désobéir à ton Seigneur et à suivre tes passions. Souviens-toi de la Mort. Souviens t’en bien fort. Reste sur terre. Ne t’enivre point.

Et mesure le véritable poids de ces avantages sur la Balance de la Mort. Tu éviteras ainsi de te laisser entraîner dans leur piège funeste, menant au regret et à la ruine. Persévère plutôt à utiliser ces avantages pour mieux adorer ton Seigneur Tout-Puissant, le Seigneur de la Mort, ce Seigneur de l’Eternité. Il n’est pas encore tard. Adore donc ton Seigneur avant que ne t’advienne la CERTITUDE…

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