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Immigration clandestine : Du rôle des religieux face à cette jeunesse en perte de repères [Serigne Modou Mahfouz Mbacké]

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Immigration clandestine

Il est arrivé une ère où les jeunes sont en quête de tout et ce qu’ils oublient le plus souvent reste le plus fondamental. Le siècle nouveau nous impose une civilisation du matériel, une civilisation où le matériel tente de prendre le dessus sur la morale, une manière d’être et de penser qui n’a de reposoirs que sur du confort, une vitrine de leurres, une image irréelle. Face à l’échec du discours des politiques, pour avoir épilogué sur la question de l’immigration clandestine sans,pour autant,apporter des solutions idoines, nous hommes religieux et très consciencieux des causes néfastes de ce fléau, prenons notre bâton de pèlerins.Un discours que nous leur tenons et étayé par une série d’exemples tirés de notre propre expérience peut, au moins, rassurer un bon nombre de jeunes.

En tant que guide religieux, responsable de votre destin et conseiller morale de beaucoup de jeunes avec qui nous partageons les mêmes ambitions et rêves de réussites sociales, je pose un préalable qui me permettra de dire que la réussite n’est pas une question géographique mais plutôt une ambition individuelle et une détermination personnelle. Que nous comprenions tous que l’occident n’est plus aujourd’hui synonyme de réussite. Les mêmes moyens usés pour réussir là-bas, feraient aussi une réussite ici.

Soyez aussi convaincus que la réussite est au bout de l’effort et qu’aucun effort n’est vain ! Je me rappelle de mes débuts et à chaque fois que je me rends compte du niveau de progression de mes réalisations,je redouble d’efforts et de foi. La foi, oui, une assurance sociale et divine, symbole de notre attachement à Dieu, maître des chances et responsable de notre ascension, seule gage de notre réussite.

Cette foi, si elle gouvernait les hommes, si réellement, elle avait l’ampleur qui lui est dû, on ne vous verrez point prendre ces pirogues ou prendre rendez vous avec la mort. Si la foi était votre conseiller, elle vous aurez amener à faire preuve de patience et d’endurance. Les temps sont durs partout et pour tout le monde sauf que les mieux épargnés sont ceux qui ont la foi et l’ endurance. La morale nous impose le bien et nous pousse à réussir d’abord pour nous, pour notre famille, pour le quartier et pour la société. Et de toutes les réponses apportées par ces jeunes comme justificatif à leur inconscience, la plus éloquente reste le choix de l’aventure afin de sortir maman de l’ornière. Si réussir est impératif alors vivre doit être une condition et je ne vois pas comment réussir sans avoir vécu. Ainsi la seule chose à laquelle nous devons tenir c’est notre vie au pris de notre vie.

Moi Serigne Modou Makhfousse Mbacké, éducateur des esprits saints je recommande à mes fidèles qui suivent mes directives et recommandations qu’ils sont tenus de vivre pour ensuite savourer les instants d’un compagnonnage fidèle et loyale. C’est pourquoi j’exhorte tous les talibés de Serigne Touba,Khadimou Rassoul à faire preuve de patience et d’endurance. Les pirogues ne sont ni un palliatif ni un remède mais plutôt une façon de fuir les réalités de la vie. Nos gouvernements ne peuvent plus vous tenir un discours qu’ils n’ont pas déjà tenu et ne peuvent pas aussi vous promettre d’arrêter la mer avec leur bras. Permettez moi de vous rappeler qu’un Etat à pour contrat morale et une obligation de mettre en place les conditions nécessaires pour un épanouissement des jeunes.

Un Etat a aussi la souveraineté d’offrir un plateau technique capable de révolter le taux élevé de chômage par la mise au point d’un programme national de lutte contre le chômage. Enfin offrir un cadre qui accorderait et faciliterait la promotion de l’emploi des jeunes. Malheureusement, rien n’est encore fait. Devons nous croisez les bras et laisser notre crème périr en mer ? Devons nous regarder nos ressources humaines disparaître sans lever le petit doigt?Avons nous le droit de juste soulever une problématique sans proposer des pistes de solutions ?

La réponse est non ! Face à cette menace aquatique, le laisser mourir n’est pas une solution car ces enfants sont en panne de repère, des œillères de la réussite les empêchent de voir la logique. La seule solution et cette fois ci d’inspiration divine serait de les motiver à retourner travailler la terre. La terre, oui, elle qui a don à tout supporter. L’agriculture que je propose doit être moderne et en commun lien avec l’industrie. Une agriculture de rente , capable de nourrir son homme et de réaliser ses rêves. Il s’agira de créer une chaîne de production dans laquelle le cultivateur sera le centre d’interêt, où il sera considéré comme un homme d’affaire. Pour cela, les bonnes volontés, les nationaux, les acteurs au développement sont tous invités à prendre part à l’action agissante et non à tenir des promesses qu’ils ne tiendront pas. Ainsi le rôle de supervision de l’Etat permettra d’avoir un calendrier agricole en fonction des priorités du moment et de la spécificité des régions.

Enfin s’orienter vers le secteur privé et faire la promotion de l’entreprenariat privé. Le dictat de la bureaucratie a fait son temps et il est à constater que la fonction de fonctionnaire de l’Etat est plus rêveur que pragmatique dans le domaine de la recherche du profit et du confort matériel. Maintenant libre à chaque jeune de faire son choix, rester dans son pays et vivre ou partir et mourir? La mer ne sera autre qu’un montre capable de tout engloutir et attendre encore, assoiffée et goinfre depuis sa création, elle sera toujours un mouroir pour les humains.

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