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FACEBOOK : MISE EN SCÈNE DE SOI ET NARCISSISME

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Les réseaux sociaux ont leurs nouvelles stars.
Ils sont dans un processus complexe de construction/déconstruction/reconstruction de nouveaux experts et d’une nouvelle expertise du narcissisme. Elles se prennent de plus en plus pour de nouveaux prophètes qui décrètent des visions.

Les tendances confirment de plus en plus des « mises en scène de soi » qui permettent à leurs fans de liker. Si vous postez une photo de soupou kandia ou d’une fille, vous avez des centaines de likes. Si vous parlez de la diplomatie environnementale, presque personne ne vous lit. Après tout concédons les centres d’intérêts pour chaque acteur. Décevante souvent cette mégalomanie qui frappe les nouveaux dieux des réseaux sociaux.

Il me semble que ces réflexions n’intéressent pas les « joueurs de piano ».
Les nouveaux théoriciens s’épanchent sur Macky, Sonko, Pawlish, Adji Sarr, les ethnies et les confréries. Mais sur les questions de fond c’est silence radio. Dr Omar au Canada Sarr publiait des tribunes particulièrement instructives sur la pêche …mais il pêche dans un désert.

Pourtant la pêche, c’est plus de 600.000 emplois directs. Sa déstructuration catalyse les migrations clandestines vers l’Europe. Nous nous faisons humilier par la Mauritanie à cause des licences de pêche. Les pêcheries ont été historiquement pillées depuis l’époque coloniale et presque personne ne bronche. Pendant longtemps on croyait que l’asymétrie de l’information (sur les prix, sur comment les autres négocient et sur l’état des stocks) était le problème. Nous savons maintenant que c’est faux !!! Même bien informés, ils bradent les ressources. Ce sont des problèmes de fond qui touchent à la gouvernance des ressources naturelles.

C’est une question de justice environnementale et sociale et une question économique. Omar Sarr s’échinait à expliquer ceci : « La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer est très claire. Elle exige des Etats côtiers qu’ils octroient l’accès aux stocks excédentaires au sein de leur zone économique exclusive (ZEE) à d’autres Etats. Mais on parle de SURPLUS ! Cependant, on demande également que ces autres Etats respectent les mesures de conservation et les autres modalités et conditions d’accès établies par l’Etat.

Mais pour des raisons politiques et sous la pression des lobby européens et asiatiques, nos états renoncent pratiquement à utiliser leurs droits de définir et surtout de faire respecter les modalités et conditions d’accès, comme les conditions de délivrance de permis, les limites de captures et les quotas, la réglementation des saisons et des zones de pêche, le type et la taille des engins de pêche, le placement d’observateurs à bord des navires de pêche étrangers, etc. » Mais c’est le silence. Les amis parlent de refondation mais restent sur les épiphénomènes et les buzz. Notre société est en profonde crise de don de soi et de générosité. Nous attendons le messie. Voilà pourquoi, nous pouvons avoir les effets de nouveaux acteurs politiques et autres nouveaux arrivants qui font et continueront de faire le buzz. Comme des tubes d’été vite jetés aux oubliettes. Nous adorons bien la révolution par procuration.

Car cela correspond à l’état de notre société. Lorsqu’on analyse les discours publics, nous nous rendons compte que chacun se réfère à un  » mentor « . Dans d’autres cultures, la première chose qu’on apprend aux enfants, c’est : je suis capable de… Qu’apprenons-nous à nos enfants ? Un modèle de facilité et de raccourcis. Parce que c’est le modèle mercantiliste. Nous ne disons pas suffisamment à nos jeunes qu’il faut se former et travailler.

Bien au contraire, on nous vend des générations spontanées.La plupart des dirigeants pensent que le problème du chômage de la jeunesse est uniquement un problème de jeunes. On met en place un ministère de la jeunesse, on nomme un ministre jeune (toujours politique et sans expérience), on promulgue une politique de l’emploi des jeunes et comme par enchantement on estime que ce problème va être résolu avec une baguette magique. Nous n’éduquons pas les enfants. Mieux nous les fonctionnarisons dès l’université. Nous ne les préparons pas à apporter des solutions. Les plus brillants sont punis par le système qui tue toute créativité et les réponses endogènes. Nous les faisons croire que pour réussir, il faut être adossé au Parti ou au guide religieux.

Où sont les incubateurs pour pousser tous ces jeunes qui ont des idées, des projets, etc. ? Nous avons encore du chemin à faire. J’espère que les nouvelles stars des réseaux sociaux de plus en plus influentes arrêteront de parler plus d’elles pour aborder les questions sérieuses qui interpellent notre pays.

Les mises en scène de soi ont suffisamment obstrué nos capacités de jugement et ont fini de faire de nous des hommes et des femmes de surface. Si ce ne sont parfois de vulgaires démagogues assis derrière leurs claviers à inciter à la prise des barricades au moment où ils boivent une bouteille de whisky qui est l’équivalent du salaire annuel de nos paysans. Heureusement qu’il existe dans cette forêt virtuelle des éclaircis qui illuminent parfois cette sombre mosaïque. Mais enfin de quel droit formulons nous cette critique élitiste comme si Facebook est conçu pour les intellectuels.

Que chacun s’occupe de son soupou kandia. Si on est pas content, le remote control permet de changer de disques… Mais puisque nous aimons avoir des milliers d’amis…on ne peut que récolter autant de cons et de connes au sens du philosophe italien Farraris du terme.

Par: Ndukur Kacc Essiluwa Ndao

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