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Mame Thierno, l’incontournable [Par: Cheikh Fall Gueye]

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Mame Thierno Birahim

Il est un descendant de la famille de Mame Mahram Mbacké et celle de Koki. La plupart des savants ou saints musulmans du Sénégal proviennent de ces deux familles d’après Serigne khalil Mbacké.

Mame Thierno est né un jeudi matin en 1862 dans un village dénommé Porokhane au 15e jour du mois de Rabihul Awal. Mais à cette période ses parents s’apprêtaient à déménager à Ndiaba-Kounda c’est dans ce lieu qu’il fut baptisé. A cette année décéda Mame Bamba Sall, homonyme de Serigne Touba. Mame Balla Aïcha mourut à la même période.

Fils de Mame Mor Anta Saly et de Sokhna Fati Issah bintou Ndiaga Issah ibn Madou Fakhoudja, il partage cette parenté commune avec Serigne Modou Fati, Sokhna Aminata Mbacké et Sokhna Fati Bineta.

Serigne Khalil raconte que lorsque Borom Darou vint au monde, Serigne Mor Anta dixit à Serigne Touba ceci : « tes vœux sont exaucés, tu as un bras droit pour accomplir ton œuvre ». A ce moment précis, Serigne Touba lisait le coran et il était sur ce verset : « Wa axii harouna houwa afsahou mini lissaanan fa arsilhou mahi riddane youssadiqni ». Puis après il s’est levé et il a écrit « Asbahtou Mounjiyaat » pour son frère.

Comment il était ?

Serigne Khalil nous raconte qu’il était de teint noir, il avait les bras un peu long. C’est pour cela qu’assis auprès de lui, on pouvait avoir l’impression qu’il était élancé et pourtant il était court de taille. C’est à juste titre qu’on le surnommait Ndamal-Darou. C’était un homme très civilisé, propre et silencieux. Il pouvait s’asseoir longtemps. C’était aussi un homme plein de connaissances, pieux, ascétique, perspicace, courageux et dévoué. De son physique, il ressemble beaucoup plus à son fils Serigne Aïdara Mbacké et a presque la même voix qu’un autre de ses enfants, je veux citer Serigne Cheikh Khady.

Concernant son parcours dans la recherche de la connaissance coranique et sur l’éducation ainsi que ses prouesses dans bien de domaines, j’invite tout le monde à se référer à l’ouvrage de Serigne Khalil, Yoonu Góor Yàlla gi.

Parlons donc de son rapport avec Serigne Touba.

Il existait un grand amour entre eux. La plus grande illustration à cet effet peut se ramener au discours de Serigne Touba lors du partage des biens de leur père. En effet, il disait ceci : « dans cet héritage, je ne désire que ce Coran et Mame Thierno en personne » ; il lui disait très souvent ; « tu es mon bras droit » ; « si m’aimer était un couteau, saches qu’on t’y a égorgé ». Tous ces propos ont des preuves tangibles. Serigne Abdoul Ahad les avaient regroupés. Serigne Bassirou Anta Niang les a aussi écrits. Mais par souci d’accessibilité directe à l’information, j’invite mes lecteurs et lectrices à consulter principalement ‘’Diyaafatou Samaadiya’’ et ‘’Safwatou Siiri‘’de Serigne Alhaji Mbacké. Car la lettre que nous nous apprêtons à partager figure aussi bien en arabe qu’en wolof dans ces deux ouvrages et fait gage d’authentification à nos propos susmentionnés.

Voici d’ailleurs cette correspondance de Borom Touba écrit à l’endroit de Borom Darou.

« Que la paix, la miséricorde et la bénédiction soient sur toi. Après cela, si ma lettre te parvient, saches que je t’enjoins de mettre à ma disposition trois personnes qui mémorisent le Coran et qui sont aptes à enseigner les élèves d’ici. Puis trois jeunes gens capables d’enseigner les sciences islamiques afin d’instruire d’autres jeunes. Si cette lettre te parvient, qu’ils viennent à ma demande. Ô, toi à qui on a ‘’égorgé’’ avec ‘’le couteau de l’amour’’. Saches que quiconque m’aime à ce niveau est agréé d’un agrément qu’aucun désagrément ne saurait suivre. »

Mame Thierno était un homme de bien, un modèle aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il vivait autant pour la jurisprudence islamique que pour le soufisme. C’était un homme équilibré. Serigne Touba disait : « me servir de compagnon est suffisant mais suivre Mame Thierno est encore profitable ». Cette expression nous la tenons de Serigne Abdou Khoudoss.

Mame Thierno, cet homme valeureux a tiré sa révérence en 1943 ou disons plus précisément un jeudi 10 Shahban en 1362 (hégire) d’après Serigne Khalil.

Cheikh Fall Gueye

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