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Le « Mouridisme» à la rescousse de l’agriculture Sénégalaise. [Thierno Rahmane Ngamb]

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Le mouridisme fournit le cas remarquable d’un système d’organisation sociale fondamentalement orienté vers le travail. L’intérêt accordé au travail par les mourides est sous-tendu par une philosophie profonde qui dépasse le gain matériel. Cette philosophie trouve ses racines dans de nombreux textes de la Sunna où le Prophète –Paix et Salut sur lui- exhorte les musulmans au travail, les avertit contre la non-activité et le fait de tendre la main et où il insiste sur le rôle de la consommation du licite dans l’exaucement des prières et dans l’agrément par Dieu des bonnes actions.

L’agriculture et L’Islam font-ils bon ménage ?

Selon l’islam, on déclare: La meilleure occupation est l'agriculture, car elle était celle du Prophète, de ses Successeurs et des gens pieux. Selon une tradition authentique, l'Imam 'Ali travaillait la terre avec une pelle et exploitait des fermes. Selon un hadith, il est dit: «Cultivez la terre et plantez des arbres. Par Allah, on ne saurait accomplir une tâche plus légale et plus convenable que celle-ci». On y suggère même aux agriculteurs de réciter le verset coranique suivant lorsqu’il sème :A-fa-ra’ytum mâ tahrûthûna. A-‘antum tazra’ûnahu am nahnuz-zâri’ûn« . (Traduction : Avez-vous vu ce que vous cultivez? Est-ce vous qui ensemencez, ou bien sommes-nous les semeurs ?] (Sourate al-Waqi’ah, 56:63).
Selon un autre hadith « Chaque fois qu’un musulman plante un arbre ou sème une graine, il aura droit à une récompense pour tout ce qu’un oiseau, un homme ou un quadrupède mangera de ce qui viendra à pousser ».

Mouridisme et agriculture, une veille histoire !

En référence au Coran et à la Sunna du Prophète Muhammad (Paix Salut sur Lui), le fondateur du Mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul a inculqué aux disciples mourides les valeurs de travail et des vertus d’une éminence incommensurable, à savoir la recommandation du travail et la prière.


Très tôt, des premiers foyers de regroupements mourides (dans la région de Touba et Diourbel) dirigé par les cheikhs et les marabouts, s’est développé en suivant, en direction de l’Est, à la conquête pionnière de terres neuves, la pénétration des voies de communication routes et surtout voies ferrées gagnant ainsi à la colonisation agricole toute la partie centrale du pays, c’est pour cette raison G. Rocheteau disait que « le mouvement mouride s’est transformé à un système d’organisation sociale orienté vers la colonisation agricole et l’expansion de l’arachide ».

La préservation et la vivification du legs !

Après le rappel à Dieu du fondateur du mouridisme le 19 juillet 1927, ses différents successeurs l’ont aussi perpétué.
Serigne Moustapha Mbacké 1er khalif général des mourides : sous son magistère le Baol est devenu le principal grenier d’arachide. La production arachidière qui était estimée aux environs de 20 000 tonnes au début des années 30 passera en 1937 à 1938 à 75 000 tonnes soit une progression marginale de 275%. Il sera alors décoré de la médaille du mérite Agricole.


Serigne Fallou Mbacké 2em khalif, agriculteur chevronné a, à travers d’immenses exploitations agricoles, boosté la production arachidière et la diversification des cultures dans la région de Diourbel. Dans ces discours, il exhortait toujours les mourides des villes à un retour à Touba et vers l’agriculture.


Serigne Abdou Ahad Mbacke 3eme khalif, de Kaad Baloji à Bocki Barga en passant par Guéloguel et Kaabou Gaye, s’est évertué à travailler la terre pour participer à l’effort de financement des grands projets mourides dont le plus imposant était la construction de la Mosquée de Touba.


Le 4e Khalif de Serigne Touba, Serigne Abdou Khadre Mbacké, connu pour son règne très court, a aussi laissé le souvenir d’un saint accompli, qui avait consacré toute sa vie à la continuité des enseignements de ses frères.
Entre le cinquième Khalife de Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Saliou Mbacké et l’agriculture, c’est une longue histoire, De Ndiouroul, à Gott, Ndiape-Ndale, Ndoka, Gnénia, Ndiéné, Lagane, Mbour (…), le travail dans les champs date de plus d’un demi-siècle. Serigne Saliou est connu comme un grand entrepreneur agricole, un passionné de la terre. Ce qui est du reste attesté par l’emblématique projet agricole qu’il a mis en place à Khelcom, un domaine agricole de 45.000 ha, incubateur de plusieurs milliers de jeunes sénégalais à agriculture.


Comme les fils de Cheikh Ahmadou Bamba, les petits-fils encouragent les gens au culte du travail et à celui de la foi, la terre étant le principal terreau du développement certes, mais aussi le principal lieu d’application du culte du travail.
Serigne Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké n’a cessé d’inviter les membres de la communauté que l’agriculture peut rendre dignité et prospérité aux ruraux venus se perdre dans les centres urbains’’, et ‘’a insisté sur les vertus du travail et de l’éducation et invité les chômeurs qui écument la capitale à retourner vers l’agriculture’’

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