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Grande distribution Des investisseurs Mourides veulent révolutionner le commerce à Touba (Rijaal Holding)

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Ils sont 486 investisseurs de la communauté mouride à se lancer dans la grande distribution, dans la capitale du mouridisme, grâce à un financement participatif. Pour ce faire, ces entrepreneurs regroupés autour de Rijaal Holding ont déjà ouvert une boutique à Touba et comptent en ouvrir au total 10, pour la commercialisation des produits locaux. D’autres projets sont annoncés afin de consolider l’économie de leur localité et du pays.

Ils veulent révolutionner la grande distribution dans la capitale du mouridisme. Et pour y arriver, 486 investisseurs mourides, regroupés autour de Rijaal Holding, se sont lancés dans la grande distribution. Venant de 21 pays à travers la diaspora, ils ont pu déjà mobiliser 121 millions, ouvert une boutique à Touba et une autre sera mise en place ce week-end.

‘’A la vieille du Magal, on a lancé une boutique et on prépare l’ouverture d’une deuxième boutique. On a prévu de monter 10 boutiques à Touba. Ce sont des boutiques de grande surface. Mais l’enjeu, c’est d’aller au-delà de la commercialisation, accompagner les producteurs locaux à la base, que ce soit des femmes, des jeunes, de pouvoir mettre leurs productions sur nos plateformes et les aider dans la distribution. Il y a un enjeu d’une structuration économique. On a beaucoup d’acteurs économiques qui s’affairent à la transformation, à l’agro-industrie et qui ont besoin d’accompagnement et d’orientation’’, confie le chargé des relations publiques de Rijaal Holding, Mouhamadou Lamine Bara Lo, dans un entretien avec ‘’EnQuête’’.

L’accompagnement des producteurs se fera d’abord, d’après M. Lo, par des conseils, ensuite, dans la mesure du possible, sur le plan financier, pour que ces acteurs puissent augmenter leur production. ‘’Ce dimanche, nous devons signer une convention de financement avec les femmes productrices de Touba, afin qu’elles puissent tirer vers le haut la qualité de leur production. C’est une initiative qui a été portée par des Sénégalais qui ont eu conscience de la nécessité d’investir dans les chaines de valeur locales. On a un marché qui est attrayant. C’est pourquoi on a beaucoup d’acteurs internationaux qui viennent. Donc, il faut que les Sénégalais participent également à cette chaine de valeur locale que les autres viennent chercher’’, poursuit-il.

Ainsi, ayant pris conscience de cela, ils ont mis en place Rijaal Holding. Un investissement mouride avec des capitaux exclusivement sénégalais. L’objectif, selon M. Lo, c’est d’investir dans de projets structurants, déjà au niveau de Touba, qui est une grande ville économique, qui a aussi besoin d’investissements. ‘’C’est une initiative privée basée sur un modèle de financement participatif. Ce qui fait sa particularité, car ce modèle recourt à la tradition mouride. L’histoire du mouridisme est marquée par le financement participatif pour la réalisation de ses grands projets. Que cela soit la mosquée de Diourbel, de Touba, des rails, plus récemment Massalikoul Djinâne. Mais cette fois, c’est un système productif. On finance de manière participative, mais sur des projets avec de la rentabilité, au-delà de l’utilité sociale que les choix d’investissement recouvrent. Pour Rijaal Holding, il faut investir dans la société, dans des projets où la rentabilité économique se conjugue à l’utilité sociale pour les populations et également la création d’emplois’’, renchérit notre interlocuteur.

La mise en place de la première institution financière mouride en vue

Avec déjà 32 emplois directs créés et 15 indirects, ce groupe d’investisseurs prévoit, en 2021, de pourvoir 195 emplois. Le chargé des relations publiques de Rijaal Holding informe aussi qu’ils envisagent également de lancer une plateforme de transfert d’argent et aussi de mettre en place la première institution financière mouride, à savoir une néo-banque islamique pour supporter le développement économique de la ville. ‘’Le projet a une envergure nationale, et ce ne serait pas surprenant de voir des non-mourides y participer. Nous ne sommes pas dans une logique de séparation, mais plutôt une dynamique patriotique. Nous sommes dans un marché national et quand on parle de développement local, en mettant l’accent sur Touba, c’est parce que la ville joue un rôle important dans l’économie nationale. Elle est la deuxième ville économique. Donc, en aidant Touba à optimiser son potentiel, on aide l’économie sénégalaise. Mais au-delà de Touba, on s’intéresse au Sénégal. Et selon l’évolution de nos projets, nous allons assurément investir dans d’autres villes du pays’’, soutient M. Lo.

Mouhamadou Lamine Bara Lo affirme que leur objectif, c’est surtout de montrer que les Sénégalais peuvent le faire. ‘’Aujourd’hui, la distribution a évolué et se modernise. Les acteurs économiques sénégalais ont l’expérience, les ressources pour offrir de la distribution de qualité. C’est déjà ce que Rijaal veut relever à travers ses boutiques, à savoir offrir des produits de qualité à des coûts très accessibles, un bon rapport qualité-prix pour permettre aux Sénégalais d’être dans une modernité. On se donne les moyens pour y arriver. C’est un projet et les Sénégalais y croient et y mettent leur argent dans l’espoir de voir un champion sénégalais émerger. On se bat sur tous les plans pour pouvoir relever ce défi’’, dit-il.

Cependant, M. Lo relève que le grand problème dans le cadre de leur projet, concerne le financement participatif qui pousse les gens à mettre leur excédent financier ou épargne dans un projet. ‘’Au Sénégal, et peut-être dans la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) ce mode de financement n’est pas très encadré. C’est très limité. C’est une réalité que nous connaissons depuis longtemps. Mais par rapport à l’encadrement, il y a des efforts à faire. Mais nous essayons de nous adapter à la situation, en espérant que l’Etat va comprendre les enjeux et que l’évolution du cadre réglementaire permettra de continuer ce que nous faisons et nous lancer sur d’autres projets beaucoup plus structurants et consistants sur un plan financier’’, conclut-il.

MARIAMA DIEME

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