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Sokhna Mominatou ou l’ascétisme au féminin [Par : Cheikh A. Birahim Sour]

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Au sein de la crème des pieux prédécesseurs, elle retrouva sa place. Elle peut bien rivaliser avec tous ceux qui avaient déjà emprunté le chemin de la perfection qu’est le Soufisme.

Sokhna Mominatou, née à Ndiarém en 1914, elle est la fille du Chantre de la Mouridiyah, Cheikh Ahmadou Bamba et de Sokhna Faty Sylla. Parlant d’elle, c’est aussi faire l’éloge du troisième fondement de l’islam, la voie soufie. Elle fut son esprit vivant et ambulant. Sa vie définit l’ascétisme au sens authentique du vocable avec ses principes et coutumes. Elle s’était adonné sans fin à cette philosophie de la perfection spirituelle.

Sa spécificité est qu’au delà de cette vie austère, sa charge conjugale n’était pas en ruine. Sokhna Mominatou, de toutes les concessions qu’elle a eu à passer en quête de son seigneur auprès de ses vénérables époux, Serigne Mbacké Bousso ensuite Serigne Modou Awa Balla, s’est distingué rigoureusement dans la piété et l’assiduité dans ses œuvres ménagères. Ses quotidiens, elle les partageait entre lecture et enseignement du saint coran tandis que ses nuits furent entièrement réservées aux actes de dévotion : prières et exaltation divine. Aucune tierce de sa vie bénite n’était réservé au vide.

Dans sa cours, les générations des filles s’y succédèrent lesquelles recevront d’elle une éducation sublime digne de celle reçue des mères des croyants à l’époque du Prophète (Psl). Elle était le croisement des nobles caractères. Une générosité héritée, une piété sans précédent, un altruisme dépourvu de borne, avec une humilité sans égal, tels sont les qualificatifs de la sainte dame. Elle vouait au Cheikh un amour indescriptible.

Elle lui suffisait d’entendre son nom pour retrouver son joie ultime même dans ses moments d’extase. Une socle de référence, elle est disparu en 1988. Qu’Allah le rétribue le centuple de ses innombrables bonnes actions et intentions.

« Derrière chaque acte providentiel il y a la main de l’homme » Cheikh A. Tidiane SY

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Témoignage poignant et réaction de Serigne Cheikh Tidiane Al Maktoum Sy suite au terrible incendie au service de néonatalogie qui a causé le décès de 11 bébés

« C’ÉTAIT PRÉVISIBLE « 

On dit en wolof « Derrière chaque acte providentiel il y a la main de l’homme »
Ce qui s’est passé à l’hôpital Dabakh de Tivaouane était prévisible tellement le niveau de délabrement avait dépassé l’entendement.
J’y ai amené mon fils malade il y a 3 ans et je me suis rendu compte des difficultés auxquelles le personnel de santé est confronté pour dispenser correctement les soins.
Ce personnel ne cessait de lancer des cris de cœur pour appeler les bonnes volontés et l’Etat à leur apporter un soutien.
A la place, nous n’avons fait que du saupoudrage depuis plus de 15 ans avec des dons de matériel obsolète et des promesses de construction d’un nouvel hôpital non encore tenues.
Au-delà de l’indignation face à ce drame, nous sommes tous responsables de n’avoir pas pris les mesures draconiennes pour un nouvel hôpital a Tivaouane.
Le régime précédent l’avait érigé en hôpital de niveau 1 alors qu’à la place, nous avons plutôt un centre de santé secondaire
Feu Al Amine et le Khalife Général actuel ont toujours tiré la sonnette d’alarme et appelé l’Etat à prendre ses responsabilités. En 2021, Le ministre de l’économie avait annoncé le passage à un hôpital de niveau 2 en partenariat avec le FONSIS. Nous attendons encore le début des travaux.


Au-delà du caractère religieux de la ville, Tivaouane mérite une prise en charge par l’Etat, des infrastructures de santé au vu de l’augmentation de sa population (l’hôpital polarise une population de 514.000 habitants) et du développement de la ville qui a pratiquement absorbé les villages environnants.
Que cessent les promesses non tenues et actions d’éclat sans conséquences sur le niveau de prise en charge de la santé des populations.

“Favorise les Habitants de Touba d’un Bienfait en Eau Abondante Ruisselante et qui court à l’instar d’un Ruisseau”

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Talatay Mame Cheikh Ibrahima Fall sur Club House organisé par le  Dahiratoul Abrar, coordonné par Serigne Manel Fall qui regroupe des mourides de tout âge et d’horizons différents qui ont eu la volonté d’être les pionniers du concept de communautés virtuelles aux impacts réels afin d’apporter des solutions sur les problématiques socio-économiques du Sénégal de manière générale et de Touba de façon particulière,a vu la participation du comité scientifique de Touba Xepp Ndox Mu Neex  composé de Mr Sidy Fall , directeur infrastructure hydraulique à l’Offices des Lacs et Cours d’Eau, de  Malick Kébé, ingénieur génie rurale et assainissement,  directeur général adjoint de SONED Afrique, de Mr Fallou Ndao,  ingénieur hydraulicien directeur général de la Société d’Exploitation d’Ouvrage Hydraulique (S E O H), du Professeur Serigne Faye et du Docteur Malick Ndour.

Ce point fait suite à la sortie   du khalif Général des mourides lors du Magal de Kazu Rajab manifestant un souhait ardent de voir Touba bénéficier d’une eau abondante de qualité et l’ appel à mobilisation autour du projet Touba Xepp.

Il s’agit ici d’un cadrage du plus grand projet d’approvisionnement en eau à Touba et environs dont la mise en place est assurée par une organisation installée par des personnes au service du Cheikh.

Les membres du club avaient besoin de comprendre tous les contours de ce qui a suscité un engouement populaire pendant une semaine.

Selon Mr Fall,” Touba Xepp est à la base une initiative du docteur Mame Thierno Ndour, qui comme tout talibé, soucieux du bien être de la population de Touba, se posait des questions par rapport au problème liés à l’accès à l’eau de qualité à Touba.”

C’est dans cette logique de trouver des pistes de solutions qu’il a saisi un de ses collègues de l’OMVS du nom de Ousmane Hane  afin de travailler sur un document d’étude préalable  qui va leur servir de roadmap ( feuille de route) pour la mise en œuvre du projet.

Par la suite, ils ont élaboré une note conceptuelle et approché Serigne Moustapha Moussa Mbacké et Serigne Ousmane Mbacké  pour voir le khalif général des mourides Serigne Mountakha Mbacké  pour lui exposer  leur souhait de voir enfin Touba bénéficier d’une source d’ eau abondante  de qualité.

Serigne Mountakha a par cette occasion magnifié cette initiative qui constitue un voeu qui lui est cher.Il a manifesté tout  son espoir de voir une eau abondante jaillir  à Touba;.Il a  ainsi béni le projet en ces termes ( lolou d bou sotté moy done Touba Xepp ) d’où l’appellation du projet Touba Xepp Ndox Mu Neex)

Tuubaa xepp – Ndox mu neex

Ils ont ainsi attaqué ce projet d’une très grande envergure en  constituant des pôles d’expertise pour sa mise en œuvre.

Il s’agit de 8 pôles composés de 258 experts au total  qui se sont mobilisés pour apporter leur savoir-faire avec pour finalité de  lever les meilleurs options en matière de transfert de ressources en eau, de disposition administratif et financier, de cadrage institutionnel, réglementaire et juridique en total adéquation avec les dispositions réglementaire  du pays, de la sous région et  de l’omvs, en termes d’usage et d’usagers. 

Pôle 1: Situation de référence:

Ce pôle est chargé de  consulter  tous les écrits de Serigne Touba concernant l’approvisionnement en eau de la ville sainte à travers son projet de société Matlaboul Fawzeyni pour être en phase avec la vision  de Khadimou Rassoul.

En plus de cela, ce pôle étudie  tous les projets qui ont existé avant Touba Xepp avec des objectifs communs et similaires   afin d’ajuster leur orientation et analyser les risques.

Pôle 2: Cadrage institutionnelle et juridique:

Ce pôle se penche sur quel  type de cadre institutionnel et juridique, et  quels mécanismes d’exploitation et de mise en service, sont mieux  adaptés  à la gestion de l’eau.

Pôle 3: Dispositif administratif et Humain

C’est l’un des pôles les plus importants car devant assurer la mise en place d’un noyau administratif et d’un dispositif de travail en équipe pour des personnes qui viennent de divers métiers et de divers secteurs. Il doit prendre en charge le suivi organisationnel des outils de travail qui vont optimiser les objectifs du projet. Enfin, c’est le pôle qui sert de corridor entre l’administration centrale et l’opérationnel.

Pôle 4: Outils supports et Systèmes de communication

Ce pôle, coordonné par des  experts informaticiens, géomaticiens et experts en communication, est chargé de mettre les autres pôles  dans les meilleures conditions de travail à l’aide de la technologie et de  proposer le meilleur système de communication  pour Touba Xepp tenant compte du statut particulier  de Touba.

Pôle 5 ressources en eau et mobilisation

Les experts de ce pôle permettront de trouver des réponses à toutes les questions liées aux ressources et à la mobilisation de l’eau. Entre autres, où se trouve l’eau? qu’est ce qui la caractérise? qui la gère? sous quel régime et selon quelles dispositions ? et comment la mobiliser de la meilleure des manières? etc.

 Pôle 6 « Usages et Usagers »

Ce pôle lèvera  les meilleures options sur les questions liées à la  distribution et à la soutenabilité du service. Comment l’eau sera utilisée? par quelles catégories d’usagers? qui  pourra supporter quoi ? Quelle forme et caractéristiques aura le service public de l’eau.etc.

Un Pôle 7 : Assainissement, Recyclage Réutilisation

Le travail de ce pôle  portera sur les meilleurs dispositifs,  postures à adopter en aval et après  la mise en place du service de l’eau;  le système d’assainissement,  le recyclage, etc., afin d’avoir une meilleure orientation sur les questions sociologiques, environnementales, de santé et d’aménagement de l’espace.

Un pôle 8 :Systèmes et mécanismes de financements

C’est le pôle qui doit répondre à la question des options de financement à mettre en place.

Un bon mécanisme de financement des travaux et des activités est obligatoire.

Parmi les 258 experts qui s’étaient mobilisés, 28 (Chiffre de Touba) ont été choisis pour constituer le comité scientifique piloté par le Professeur Serigne Faye.  

Lors d’un atelier  de trois jours avec le secrétariat exécutif pour valider le plan d’action général sous la supervision de Serigne Ousmane Mbacké et Serigne Moustapha Moussa Mbacké, coordonnateurs de Touba Xepp désignés par le Khalif  général des mourides, chaque pôle a proposé  son plan d’action, ce  qui a servi à l’élaboration du  plan d’action général, présenté à Serigne Mountakha à l’occasion du Kazu Rajab.

Mr Fall a tenu à  préciser que pendant la phase d’identification du projet, plusieurs options (option eau souterraine, option eau de surface et option mixte), relatives aux sources d’eau à cibler ont été proposées,  ce qui, par la suite , devrait déterminer leur choix.

Cependant, Serigne Mountakha en choisissant Lac De Guiers opte pour l’eau de surface.

Tuubaa xepp – Ndox mu neex

 Ils vont désormais mobiliser leur énergie dans ce sens.

Selon Dr Thierno Ndour “Ce projet est un acte de prise de conscience généralisée de la communauté mouride. Chaque année le barrage de Diama déverse plus de dix milliards de mètre cube d’eau dans la mer. Sur 23  milliards de mètre cube d’eau, seuls 8  milliards sont utilisés par les pays de l’OMVS.

Cette situation doit indigner tout talibé d’autant plus que la ville sainte de Touba qui se trouve à moins de 100 km du barrage n’a,  jusque-là, jamais  bénéficié de cette eau.”

Mr Ndao souligne que la mise en service  de l’eau telle que pensée  par ces experts mourides au service de Khadim Rassoul,  profitera non seulement  à la population  de Touba  mais à celle de toutes les localités environnantes et du Nord Sénégal.

Les équipes sont toujours dans la phase pré-dimensionnement du projet mais  un plan d’urgence pour trouver des solutions  conjoncturelles  afin d’ amoindrir les difficultés liées  à l’accès à l’eau et aux inondations pendant le Magal de Touba est mise en place.

Cellule de Communication du Dahira Abrar

MAME THIERNO IBRA FATY « BOOROM DÂRU»

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Celui qui s’emploie à étudier les valeurs de Serigne Touba , qu’il passe à la loupe la vie de Mame Thierno.

Celui qui opte pour savoir c’était quoi la démarche de Serigne Touba, qu’il scrute la vie de Mame Thierno . Alors, nul doute qu’il aura les réponses à ses questions. Ainsi, Il verra un homme unique, véridique, honnête qui a incarné l’Islam et la Mouridiyya dans toute sa splendeur. Il est connu que Mame Thierno est un homme multidimensionnel. Il possède des talents qui renseignement sur les dimensions de sa personnalité. Des talents qui lui ont sûrement permis de marquer à jamais l’histoire.Sa personnalité n’est pas à chercher dans les livres, mais à découvrir dans ses actions. Ainsi, Il était un traducteur fidèle de Serigne Touba exprimant ses valeurs, son comportement, sa démarche tout en l’incarnant au plus profond de son être.

En vérité toute sa personnalité s’était tissée sur la vérité et la sincérité. C’est pourquoi, si tu voyais son apparence, tu l’aimerais sans recul. De même, si tu l’observes agir, tu verras un homme aimable, doux, admirable modeste, ascétique et généreux. Son apparence te fait oublier même tous les autres vertueux par la rareté de ses qualités, sa vaste science et l’étendue de ses connaissances. Si tu veux observer un homme exemplaire, alors regarde le parcours de Mame Thierno.

Sa personnalité comme tu pourras le constater, porte les effets manifestes des attributs de la science, la sagesse et la générosité. Ses qualités et vertus sont si nombreuses que tu t’y perds en creusant sur sa personnalité. Il était un homme d’une dimension pédagogique exceptionnelle. Ses qualités de droiture et de conformité aux ordres divins et à leurs règles de bienséance, sont si sublimes, si bien que lorsque tu medites sur ses attributs, tu peux te dire « Il n’a pas d’égal» Voilà un homme qui a rendu un service inestimable à l’Islam. En vérité, Il fut l’homme de confiance de Serigne Touba.

C’est lui que Serigne Touba avait choisi comme émissaire pour aller rencontrer le Gouverneur Général. C’est lui aussi que Serigne Touba avait confié Serigne Modou Moustapha et Serigne Fallou à la veille de son départ vers Saint-Louis. Aussi, c’est sur ses épaules que reposait le destin de la Mouridiyya après le départ de Serigne Touba vers le Gabon. Avec un volontarisme sans faille, une foi exemplaire, Mame Thierno est resté digne, tenace, brave malgré la pression et les obstacles. Un homme prêt à donner sa vie pour sauver l’héritage de Serigne Touba. Il a gardé intact tout ce que Serigne Touba lui avait confié à son départ vers le Gabon notamment sa famille, sa cité et ses disciples. Mame Thierno dans sa foi inébranlable avec une solidité sans faille et une énergie inébranlable a tenu le pari.Au son retour du Gabon en 1902, Serigne Touba lui dit : « tu m’as rendu identiquement tout ce que je t’avais confié à mon départ.

Et tu l’as fait avec une très belle manière qui a fini de m’interroger, si c’était moi, serai-je capable de le faire identiquement. » On rapporte aussi que Serigne Touba a dit : « Mame Thierno ne s’est jamais séparé de moi et ne s’est jamais mis sur un trajet différent du mien ». Considérant cela, Serigne Abdou Rahmane (Dâru Mu’ti) a dit : « ceci est le plus grand miracle pour un vertueux, c’est-à-dire sa conformité et c’est seulement celle-ci qui est digne d’être imitée à l’endroit d’un vertueux. » ( Serigne Abdou Rahmane, Magal Dâru Mu’ti 2014). Il y rajoute encore : « C’est vrai qu’il peut exister d’autres aspects ou comportements pour un vertueux, mais la conformité aux recommandations divines est la seule qualité digne d’être imitée. » Revenons sur la parole de Serigne Touba : « …il ne s’est jamais mis sur un trajet différent du mien. »

Ce témoignage indique réellement la vertu, la piété et la sainteté de Mame Thierno et atteste aussi la probité avec laquelle Mame Thierno s’est attaché à la Loi islamique et a observé les ordres de Dieu. Mame Thierno a fait preuve d’une telle droiture et étant imprégnée extérieurement et intérieurement de l’essence de cette consécration au service divin au point qu’il est l’exemple typique du savant affairé au rôle de guide. Durant toute sa vie, Mame Thierno a pris la loi religieuse dans la main et s’y est conformé en toute fidélité. Il a respecté le Coran et a observé les convenances à son égard. Il a été sincère envers lui, agissant selon ses prescriptions. Disons que le miracle de Mame Thierno, c’est cette probité envers les commandements et la voie légale de Dieu, extérieurement et intérieurement. Durant les sept années que Serigne Touba a vécu au Gabon (1895-1902), Mame Thierno a eu une influence énorme sur les disciples mourides et l’orientation qu’il a su donner à un grand nombre d’entre eux laisse penser sans aucun doute qu’il était un homme déterminé et d’une foi indéfectible et malgré les rares moment agréables.

Mame Thierno ne s’est jamais attribué de miracles ou d’actes prodigieux, afin que les générations futures en parlent ou qu’elles en fassent l’outil de leurs prônes ou la matière de leurs directives ou de leurs sermons. Mais il est l’homme dont Serigne Touba a bien dit sur lui: « Mame Thierno ne s’est jamais séparé de moi et ne s’est jamais mis sur un trajet différent du mien. »

Quel beau miracle !

M. Moustapha Dipp

LE SACRE DE L’INVENTIVITÉ

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S’il fallait parler des femmes qui ont marqué l’histoire du Sénégal contemporain, on ne pourrait oublier Sokhna Mouslimatou Mbacké.

Une femme qui a marqué l’histoire du Sénégal de cette trempe, il n’y en a pas tant. Au-delà de l’immensité de son oeuvre, ce qui sans cesse saisit celui qui s’intéresse à elle, c’est la profondeur de sa pensée, l’intensité et l’authenticité de sa démarche autant son extraordinaire créativité.

Très peu connue par la génération actuelle, Sokhna Mously est une femme de conviction et de passion qui symbolise le sens du travail et l’esprit dynamique des Mourides. Industrielle, commerçante, agricultrice, cheffe d’entreprise, enseignante, sokhna Mously était une autorité en matière de science religieuse. La mémoire mouride a bien retenu son prénom et son parcours. Elle demeure à jamais une note en haut de la page de l’histoire de la Mouridiyya. Elle fut une femme de grand talent, de courage, de valeur et de vertu. Par son talent, sa conviction, elle a su s’imposer et porter dignement l’heritage de Serigne Touba. Fille de Serigne Touba, elle a hérité en lui, l’audace , la volonté et la vivacité d’esprit. Elle fut une brillante femme d’un esprit habile avec un grand coeur, aussi héroïque que géant dans le travail.

Pendant les année 50, Sokhna Mouslimatou Mbacke toujours dans sa vision novatrice avait l’ambition de mettre en place une unité industrielle de transformation des céréales locales d’une valeur de 250 millions . Dans ce projet, elle était en collaboration avec des allemands qui étaient venus à l’époque à Touba pour concrétiser cette belle initiative de Sokhna Mouslimatou. Les allemands avaient donné leur accord pour le financement du projet et au démarrage des activité de l’unité industrielle à Touba. Une fois que les allemands sont partis en Allemagne, le sénégalais en ce moment directeur de la sécurité alimentaire qui était l’interface entre Sokhna Mouslimatou et les allemands a été viré et le projet ajourné. Qui est à l’origine de cet ajournement si voulu et très mesuré?

Femme noble de caractère et travailleuse, elle a beaucoup apporté à son pays par sa foi et par son courage. Son talent, sa créativité furent reconnus par tout le monde. C’est pourquoi l’État sénégalais en 1962 lui a décerné l’ordre national du Mérite. Une haute distinction pour saluer sa personne et ses activités. D’ailleurs, elle fut la première récipiendaire en tant que femme.Le Président Senghor l’admirait beaucoup. Une fois, il lui dit « Sokhna Mously , tu es trop en avance par rapport à ton époque. » Voilà une figure religieuse, une femme exemplaire que e la jeune génération doive découvrir pour s’en inspirer comme modèle. Voilà une « citoyenne » modèle, une figure exemplaire qui a dignement joué sa part dans la construction de son pays.

M. Moustapha Diop

Mauritanie : Comment promouvoir la paix en Afrique et lutter contre le terrorisme ?

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Nouakchott, capitale de la Mauritanie a accueilli plus de 250 personnalités politiques et religieuses venues d’une quarantaine de pays pour assister à la 2ème édition de la Conférence africaine pour la Paix. 

Organisée par le forum d’Abu Dhabi, en collaboration avec la République Islamique de Mauritanie, cette conférence a permis d’aborder plusieurs problématiques dont « Comment promouvoir la paix ? », « Comment mettre fin aux guerres civiles ? », « Comment prévenir l’extrémisme et le terrorisme ? », et « Comment renforcer le rôle des États ? ». 

Sous le patronage de son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Sheikh Al-Ghazouani, et de Son Excellence Sheikh Abdullah bin Bayah, les participants ont échangé sur des questions portant sur la paix et la réconciliation en Afrique, alors que la pandémie de COVID-19 a brutalement exposé et renforcé les inégalités dans toute l’Afrique subsaharienne.

En dix ans, le nombre de conflits a pratiquement doublé sur le continent africain, atteignant les 70 000 décès par an. Une dizaine de conflits armés se poursuivent sur le continent ce qui en fait la région du monde la plus touchée en 2020.  

« Défaire le terrorisme nécessite d’assécher les sources qui nourrissent l’extrémisme, l’ignorance, la précarité et fonder les bases d’un développement durable. Il faut diffuser les vraies valeurs de l’Islam” a expliqué Mohamed Ould Sheikh Al-Ghazouani, président de la Mauritanie.

Dans son discours de clôture, le Président de la République du Niger, Mohamed Bazoum, a rappelé l’importance de cette rencontre qui a permis de créer un cadre d’échanges enrichissants sur l’Islam, vu sous l’angle d’une religion de paix, de pardon et de cohésion sociale.

 « Ceux qui travestissent tant l’islam et qui en donnent une image internationale si négative, le font au nom d’une lecture du Coran aux antipodes de ce que ce texte délicat contient. Notre devoir est de battre en brèche toutes ces lectures perverses et les comportements hérétiques qu’elles génèrent afin de faire triompher le projet profondément humaniste de cette religion si éloignée de la caricature qui en est donnée.

Je suis particulièrement heureux que ce débat ait lieu en Mauritanie, matrice d’un Islam qui fut porté par des hommes tout aussi savants que dévoués et qui en ont assuré l’expansion dans tout le Sahel et bien au-delà. Cet Islam de la Mauritanie est le modèle authentique d’un islam qui ne fait aucune place à la violence et aux élucubrations théoriques qui lui servent de carburant. »

Source: www.ecomnewsafrique.com

Affaire féticheur sur la 2STV avec l’effigie de Mame Cheikh Ibrahima Fall: un premier gain de cause obtenu

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Suite affaire 2STv/ Féticheur avec la photo de Mame Cheikh Ibra Fall :

Le début d’un gain de cause Aprés l’apparition d’un féticheur portant la photo de Cheikh Ibrahima Fall sur un plateau télévisé, nous avions rédigé un communiqué qui a été massivement partagé sur les reseaux sociaux afin de denoncer cet acte.

C’est dans ce contexte que le dahiratoul Abrar a deposé une plainte Collective auprès de la CNRA pour que des mesures strictes soient prises. Aprés un entretien avec le directeur Mr Babacar Diagne et des dizaines de courriers de dénonciation envoyés, la CNRA a transmis à la direction generale de la television un courrier d’avertissement que vous pourrez lire ci-dessous.

Nous n’accorderons plus à aucun média le droit de porter atteinte à notre sacralité et les appellons à plus de responsabilité, et d’éthique.Ce n’est que le debut d’un combat contre tout manque de respect envers nos saints-hommes.

Et nous remercions toutes les personnes qui de près ou de loin nous aident à porter trés haut cette bataille. Merci également à Mr. Diagne pour son pragmatisme et sa réactivité.

Le Répondant Mohamadou Manel Bichri FallDieuwrign Daahiratoul Abrar

Membre Jazboul Mouride ( Kourel des Petits fils de Mame Cheikh Ibrahima Fall )

Peut être une image de texte

Bamba Partout-Bamba pour Tous

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En regardant certaines émissions télévisées au Sénégal, je me pose une kyrielle de questions… entre autres :

Est-ce que les sénégalais connaissent Serigne Touba?
Jouons nous réellement ( en tant que jeunes talibes ) un rôle déterminant à la vulgarisation de l’œuvre de Khadimou Rassoul mais aussi et surtout à l’incarnation du Mourid Mindset partout et pour tous comme le font certains de nos kilifeus?

Sommes nous conscients des questions et enjeux de l’heure et de comment Serigne Touba ( quand je dis Serigne Touba je fais allusion à son œuvre, ses enseignements, sa philosophie, son idéologie ….) constitue la solution à tous ces maux et la réponse à toutes ces questions?

Moi Mouride danoukat, pour répondre à la première, je me vais me limiter à Serigne bi dou kou gnouy kham ( Personne ne peut connaître le Cheikh)

« Pourtant, me rétorquerait un autre talibé certainement plus lucide que moi kou diara khamle la ( il est de notre devoir de faire connaître Serigne Touba…) ».

Par rapport à la deuxième, je pense que beaucoup de talibe à travers des dahiras, productions littéraires et rencontres abattent un travail considérable pour la vulgarisation de l’œuvre du Cheikh.
Mais est-ce que nous mesurons l’impact, je veux dire de manière proportionnelle sur le nombre de personnes qui se disent mourides et qui doivent connaître au moins comment Serigne Touba lui même accepterait leur Mouridité en particulier et sur toute personne qui doit connaître Serigne Touba, ne serait-ce que pour sa culture générale 😊.

So, un changement de stratégie tout en respectant l’orthodoxie mouride ne doit-elle pas s’imposer ?

Les réponses peuvent être autant variées les unes des autres mais une chose est claire:

Nous qui, nous faisons appeler Talibe Murid, avons la responsabilité et de manière très urgente de déprivatiser ( pour reprendre l’expression de Guirassy) Serigne Touba.

Un défi ultime pour en faire une panacée pour tous.

Soda Mareme Fall

LE CÉLÈBRE INCONNU PAR: M. MOUSTAPHA DIOP

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En lisant, écoutant ou méditant l’histoire de Serigne Touba, son courage est l’une des choses qui m’a le plus frappé. En scrutant sa vie pas à pas sur des contextes favorables ou défavorables, le courage de cet homme doit interpeller tout homme doué de raison.

« Je chemine avec les élus »

Assîru

dit-il en 1895, alors qu’il était sous haute escorte de spahis (soldats). Ainsi, l’on découvre un homme sans faille dans sa foi au moment même où tout espoir terrestre de le revoir était arraché à ses disciples et à sa famille. À la nouvelle de sa convocation par l’autorité coloniale de l’époque, point culminant d’une série d’épreuves, il se lève et déclare :

« Je n’adore que Dieu et le Prophète Mouhammad est mon seul et unique chemin vers Lui ».

Assîru

Serigne Touba s’est cramponné sur cette phrase durant toute sa vie et ne l’a jamais trahi avec toute l’insécurité qu’elle comportait en ce moment. Par sa bravoure, son courage et sa détermination, Serigne Touba a toujours affirmé, réaffirmé et confirmé cette phrase comme crédo intérieurement comme extérieurement, dans ses actes comme dans ses pensées durant chaque souffle de sa vie. Les épreuves ne l’ont jamais fait douter encore moins le dresser contre Dieu.

D’avance les épreuves étaient détendues par un courage inébranlable. C’est pourquoi elles n’offraient rien de malheureux en lui. Éloigné des siens, il n’avait rien renoncé de son crédo. Ainsi, savons-nous que ce ne sont pas un contexte, un territoire, une armée, de l’intimidation, de la déportation, du bannissement à l’éloignement qui le feront changer de discours ou d’objectif. Les vertus de Serigne Touba ne sont pas donc liées à cela, comme certains l’avaient prédit : « Il changera de position.»

Ceux-là ont perdu leur pari, car il s’est toujours mis à l’écoute de ce que Dieu lui recommande avec la ferme conviction de réaliser Ses exigences et de se laisser guider par elles. Quel homme courageux ! Le courage de Serigne Touba est tout à fait conforme à l’enseignement de son maître Mouhammad , reposant en définitive sur cette certitude que Dieu ne peut échouer ni permettre qu’un de ses serviteurs aille définitivement à la ruine.

Malgré les douleurs physiques, le calvaire, les épreuves, la solitude, la pluie, la soif, la faim, le froid, Serigne Touba a toujours tenu bon et seul d’ailleurs, toujours droit et digne. Dans une terre étrangère au sein de gens méprisant, faisant objet de raillerie, chansonné par des hommes vils qui ne lui épargnaient rien, Serigne Touba a pris toujours appui sur Dieu , s’armant toujours de son courage légendaire.

Devant l’injustice, l’agression, ou devant la maladie, Serigne Touba a tenu par son courage. Ainsi, en aucun moment il n’a faibli ou s’est soumis ou n’a négligé un acte surérogatoire, les actes obligatoires, on n’en parle pas. Et à mesure que les épreuves s’enchainaient, il est resté pieux, intègre, patient, constant et courageux. Face aux difficultés, aux malheurs et aux douleurs, Serigne Touba s’est toujours acquitté de sa mission avec un courage extraordinaire.

Il s’est montré digne, constant, courageux toujours se réfugiant auprès de Dieu en Le glorifiant et en chantant les vertus et les faveurs de son maître, ami et bien-aimé le Prophète Mouhammad.

Mouhammadou Moustapha Diop (Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, le célèbre inconnu)

LA QUESTION LAÏQUE AU SENEGAL [Par A. Aziz Mbacke Majalis]

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Les passages ci-dessous, extraits de notre essai « KHIDMA : La Vision Politique de Cheikh A. Bamba (Essai sur les Relations entre les Mourides et le Pouvoir Politique au Sénégal) » (Editions Majalis, 2010), préfiguraient déjà la problématique actuellement posée de la laïcité dans le système républicain sénégalais.

De même que certains effets pervers induits par sa dimension anticléricale d’exclusion de la religion hors de la sphère publique et institutionnelle utile, et sa fonction neutralisante (et pas seulement neutre) sur la promotion des valeurs éthiques et religieuses positives dans la vie sociopolitique de la nation. Un problème qui vient, avec fracas, de resurgir sur la scène politique avec la proposition récente du chef de l’Etat d’inclure une clause d’intangibilité de la laïcité dans le projet de constitution en gestation. Proposition violemment rejetée par les religieux, avant d’être déconseillée par le Conseil Constitutionnel.

Pour résoudre cette contradiction latente dans la construction nationale, cette opposition frontale sur un concept aussi clivant, nous proposions, dans l’essai précité, son remplacement par un autre historiquement moins chargé. Une autre vision républicaine qui parviendrait à conserver les 3 dimensions, somme toute, nobles charriées par la laïcité et s’accordant parfaitement avec la justice et nos valeurs de tolérance, que sont :

(1) la liberté de culte pour tous les citoyens sénégalais, sans distinction, dans des limites unanimement admises,

(2) la non inféodation du pouvoir politique dans une quelconque obédience religieuse exclusive et unique, au détriment de celles des autres citoyens,

(3) le traitement équitable par l’Etat de toutes les sensibilités religieuses de la nation ; une dimension incluant l’assistance publique aux communautés religieuses dans leurs missions naturelles non basée sur un quelconque clientélisme.Tout en épurant le concept de laïcité de sa 4e et pernicieuse dimension (née, en réalité, de l’anticléricalisme atavique de la Révolution sécrété par l’histoire de France) consistant au cantonnement du religieux dans la sphère strictement privée, afin d’exclure toute référence aux principes et valeurs religieuses dans l’élaboration des dynamiques politiques, économiques, sociales, culturelles, éducatives etc. de la nation.

Cette approche alternative du concept, que nous jugeâmes plus adaptée à notre histoire et à nos réalités, se fondera sur une équité dynamique et positive (pas celle de méfiance ou de rejet) dans le rapport du politique au religieux dans la Cité. Une autre approche que nous avons dénommée par le néologisme d’« équicité » et qui nous permettra peut-être un jour, qui sait, de reformuler l’article premier de notre Constitution en ceci : « Le Sénégal est une République ÉQUITABLE, démocratique et sociale ».

——KHIDMA (pp. 256, 357-361)

« Le thème si controversé de la laïcité des institutions du Sénégal et du combat qu’ont toujours mené les acteurs religieux pour la remettre en cause a fait l’objet de nombreuses études et polémiques. Cette question, ou du moins la compréhension que peuvent en avoir les différents protagonistes, mérite plus que jamais, à notre sens, d’être reposée en des termes moins dogmatiques et moins radicaux chez toutes les parties. Ceci, même s’il faudra toujours refuser l’imposition actuelle de la vision unilatérale et exclusiviste de la laïcité à la française, surtout chez nos élites europhones, dont l’ambition véritable est de cantonner la religion dans la sphère strictement privée, pour ensuite songer à nous inventer un modèle de laïcité équitable (que nous appellerons « équicité ») plus conforme à nos valeurs de base et aux principes d’équité religieuse de l’Islam. (…)

A notre avis, le Sénégal souffre plus et avant tout d’une crise de comportement et d’inadéquation de son SYSTÈME DE VALEURS OFFICIEL que d’une véritable crise des valeurs en tant que telle (ces valeurs subsistant encore dans le subconscient collectif tout en étant dépréciées et découragées par le système). Crise systémique sustentée par une certaine inadaptation et une contradiction manifeste entre, d’une part, les valeurs culturelles, spirituelles et historiques positives auxquelles s’identifie profondément son peuple.

Et, d’autre part, sa théorie politique officielle fondée sur un système de pensée foncièrement opposé à ces mêmes valeurs ou favorisant au contraire, dans la praxis, nos valeurs culturelles les plus négatives. Relever cela ne signifie nullement, il faut le préciser, la remise en cause de certains acquis importants de la « civilisation de l’universel », ni une tentative puérile de s’enfermer dans des schémas non viables, sous prétexte d’une « authenticité » fictive ou manichéenne (notre système de valeurs ayant également ses insuffisances flagrantes). Mais cela revient simplement, surtout pour les milieux intellectuels, au devoir de s’interroger désormais sincèrement et un peu plus profondément sur la relativité des « valeurs de la République » héritées, pour l’essentiel, de la Révolution française et surtout la formulation de sa laïcité extrémiste et inadaptée.

Au lieu de persévérer à répercuter si inconsidérément les idées de maîtres à penser pour qui Dieu et la véritable spiritualité sont juste une variable, un détail. Quid aujourd’hui, nous demandions-nous, de l’universalité si encensée des valeurs de cette République et de sa prétention universaliste à décliner celle des droits de l’Homme, en tous temps et en tous lieux, alors que les principaux héritiers de cette même République n’hésitent plus à poser ouvertement, au vingt-et-unième siècle, le débat sur « l’identité nationale en France » [ou même à voter de plus en plus pour le FN] ? Pourquoi et au nom de quoi notre nation devrait-elle continuer à se réclamer d’une histoire et d’un système politique né de la Révolution française de 1789, œuvre des Rousseau et Voltaire, de Robespierre et de ses jacobins ? Alors qu’elle se reconnaît plutôt héritière d’une autre révolution : la Révolution Sénégalaise de 1895, celle de Cheikh A. Bamba, d’El Hadj Malick Sy et d’autres valeureux artisans du « Siècle Sénégalais des Lumières » ?

Un siècle au cours duquel ces dignes fils de leur nation ont produit intellectuellement plus que durant tout le millénaire précédent d’histoire de l’Islam au Sénégal. Ne fûmes-nous pas politiquement « mal partis » dès le moment même où nous avons bifurqué (serait-ce involontairement) notre trajectoire historique et politique vers celle d’autres peuples et civilisations, quels que puissent être, par ailleurs, leur apport scientifique et technique ou leur mérite, surtout si ces civilisations ont bâti leur « prestige » sur nous autour de valeurs antinomiques à la foi et à l’essentiel de nos principes de base ? Que cela soit clair. Il ne s’agit nullement pour nous de réclamer une république « islamique », ou même pis « mouride », au sens primaire et « sectaire » où l’on entend habituellement ces notions. Ni de négliger la partition jouée par les religieux dans les processus de consolidation du système actuel, quelles que puissent être leurs motivations.

Mais il s’agit plutôt, à ce niveau du débat du moins, de nous interroger simplement sur le véritable apport qu’un système politique basé sur la Khidma (Service à la communauté pour la Face de Dieu, enseignée par Cheikh A. Bamba), ou sur d’autres perspectives endogènes de notre société, peut générer s’il était adopté ou se généralisait au Sénégal. Car, pour nous, il ne saurait y avoir de développement digne de ce nom au Sénégal [ou d’émergence] tant que les sénégalais ne réussiront pas à s’approprier pleinement les valeurs positives de leur peuple, à bâtir les fondements premiers de leurs système sur leurs idéologies endogènes, développées par leurs propres penseurs, auxquelles se reconnaît le peuple profond, avant d’intégrer dans ce système les autres apports exogènes utiles, comme certains grands pays d’Asie semblent aujourd’hui y avoir, dans un sens, réussi. (…)

Ceci est la raison pour laquelle nous trouvons tout simplement insuffisant et de mauvaise foi l’argument neutralisant souvent avancé de la « laïcité républicaine » à la sénégalaise, qui perpétue actuellement le statu quo politique et continue d’opposer artificiellement les communautés religieuses du pays. En diabolisant sciemment et en excluant tout choix de valeurs émanant de l’une d’entre elles, sous prétexte d’un prétendu « équilibre confrérique ». Dans la simple mesure où cet argument promeut, en lieu et place, le choix arbitraire d’idées et de perspectives élaborées par d’autres maîtres à penser appartenant à d’autres cultures ou « confréries républicaines », athées, maçonniques ou déistes. Persister dans le refus d’enseigner aux jeunes générations et aux futurs fils de ce pays les remarquables Masâlikul Jinân (Itinéraires du Paradis) de Cheikh A. Bamba, le brillant Khilasu Dhahâb (L’Or Décanté) d’El Hadj Malick Sy, le Jâmihul Jawâmihu (Le Recueil des Recueils) de Cheikh Ibrahim Niasse, les sermons mémorables de Seydina Limâmou Laye, les précieux Zuhurul Basâtîn de Cheikh Moussa Camara, les incomparables Wolofal Educatifs de Baye Mbaye Diakhaté et d’autres œuvres magistrales (en morale, en système social et politique etc.) de nos grands penseurs, sous le fallacieux argument d’une forme de laïcité inadaptée. Tout en continuant à y enseigner doctement « Le Candide » de Voltaire, « Les Précieuses ridicules » de Molière ou « Le Cahier d’un retour au pays natal » de Césaire, constitue une ahurissante anomalie que tout peuple mature se doit de remettre foncièrement en question.

Comment, dès lors, s’étonner que la schizophrénie culturelle qui frappe une bonne partie de nos élites (très éloignée de l’heureux « métissage » tant chanté) et une grande partie de notre peuple (à travers, notamment, certaines valeurs matérialistes promues dans les médias populaires, mais également, il faut le reconnaître, une culture indissociée de l’arabité chez certains milieux arabisants) ait mené beaucoup d’entre nous à ne plus savoir « qui nous sommes », « d’où nous venons » et « où nous allons » ? Comment une nation, qui se trouve quotidiennement obligée de porter les habits taillés pour d’autres personnages, astreinte de monter, aussi fantasquement accoutrée, sur une scène mondialisée à laquelle elle ne s’est pas assez préparée, pour jouer un rôle burlesque dont les dialogues furent écrits dans une langue non maîtrisée, pourrait-elle offrir un spectacle autre que grotesque au monde et à l’Histoire ?Il est bien vrai, il faut l’avouer, que cette anomalie de la division religieuse (« confréries contre confréries ») que nous avons évoquée n’a pu perdurer jusqu’ici que grâce au piège de la rivalité entre communautés religieuses artificiellement entretenue par différents acteurs (étatiques, intellectuels ou même religieux) adeptes du « diviser pour régner ».

Rivalité artificielle, car il n’existe en réalité aucune réelle contradiction de fond justifiant cette incompatibilité dans les démarches et idées de nos valeureux penseurs qui, comble de chance, appartiennent tous à la même école malékite, dont ils partagent presque unanimement la doctrine, qui est celle des Ahl Sunna wa Jama’a (Adhérents de la Tradition et du Consensus des Savants), tout en adhérant à une même vision tolérante et ouverte de l’Islam, contrairement aux dissensions idéologiques sanglantes divisant d’autres pays musulmans. Cette religion, qui est la nôtre, a pour vocation naturelle, il faut le savoir une bonne fois pour toutes, d’unir le Sénégal et non de le diviser, de le faire évoluer et nullement régresser… En définitive, le problème de fond pour nous revient plutôt à une question de REFORMULATION des fondements et des principes actuels de notre république, qui, loin de la sacralisation à laquelle nos élites politiques et intellectuelles tendent actuellement à la placer dans le débat et que nous récusons sans complexe, ne doivent plus être l’émanation d’une pensée unique essentiellement exogène fondatrice d’une « République du Sénégal » hybride. Mais plutôt l’expression volontaire et lucide de valeurs culturelles et spirituelles largement partagées « par le peuple et pour le peuple sénégalais ». Valeurs qui seraient, enfin, les fondements d’une véritable « RÉPUBLIQUE SÉNÉGALAISE ».

De l’exacte manière dont il existe une « République française » (et non une « République de France ») fondée sur les valeurs revendiquées par la nation française et auxquelles son peuple s’identifie et se reconnaît historiquement. Ni plus, ni moins. De l’exacte manière dont il existe, de par le monde, plusieurs types de systèmes politiques se fondant principalement sur le « génie » et les valeurs fondamentales de leurs propres peuples avant d’intégrer les nécessaires ferments externes. Une République Sénégalaise qui ne serait plus un simple plâtre idéologique ayant pour devise officielle « Un Peuple – Un But – Une Foi » (en écho au fameux triptyque « Liberté – Egalité – Fraternité » de Robespierre) mais qui gravera sur ses emblèmes, pourquoi pas ?, « Ligéey ak Jaamu Yàlla » (Khidma et Adoration de Dieu), « Ñaani bañ na », « Senegaal benn bopp la, kenn mënu koo xar ñaar » ou toute autre formule bien de chez nous, capable de nous faire vibrer et résonner profondément, dans le tréfonds de nos cœurs et de notre âme nationale. Une République Sénégalaise qui, au lieu de nous inciter, comme elle s’échine à le faire sans grand succès depuis plus d’un demi-siècle de demi-indépendance, à « pincer » nos éternelles « koras » creuses, celle des fourmis chanteuses de l’hivernage pluvieux des indépendances « cha cha ».

Ou de « frapper » continuellement les « balafons » devenus aphones d’une Négritude abstraite, désormais sans timbre dans le concert des nations mondialisées, serait capable de nous exhorter à « pincer » la plume de la vraie connaissance léguée par nos illustres Pères Fondateurs, elle qui leur permit jadis d’écrire et de penser par eux-mêmes, et à « frapper » enfin à la porte du Monde avec le même marteau engagé (Pastéef) et la même truelle constructive (Khidma) qui nous permit dans le passé de bâtir par nous-mêmes des mosquées et des villes, pour construire dans l’avenir des centrales, des grandes universités, des industries dignes de ce nom, de nouveaux types d’hommes.Un nouveau Sénégal.

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