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Journée Ch. A. Bamba Touba-Pontevico : Exposé de S. Aminata Lo sur M. Asta Walo

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8 Juin, Journée Cheikh Ahmadou Bamba Touba-Pontevico : Exposé de Sokhna Aminata Lô sur Mame Asta Walo

BOUR SINE COUMBA NDOFENE FANDEP ET LE SHEIKH [Par: Omar Bamba Diop]

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En 1897, Le notable  Bandiougour SÉNE propose au SINE un nouveau roi venant de Souka mboul ,un Guelwaar pur ,un adolescent de 18ans dont la morve coulait encore.

L’assistance raillait le noble dont les larmes perlaient toujours . Le Djaraf leur rétorqua en terme bien saltigué .

– C’est le poids du mil qu’il ne supporte pas en d’autres termes: les larmes et les morves étaient signe de prospérité et d’abondance . Binôme qui marqua tout son règne. Après quelques années de pleines exercices sur le trône du royaume de la dignité  et du courage, son oncle qui fut déporté par les colons  au Gabon : NIOKHO BAYE MBACKE revint d’exil .

Toujours drapé de sa courtoisie et de sa correction innée,BOUR SINE  COUMBA NDOFFENE FANDEP reçut son oncle avec tous les honneurs sis à son rang .

Ndiougnendioug et boisson a flot,assis à même le sol IL dit devant l’assistance à son oncle .

J’assurais seulement votre intérim , le trône vous revient de droit .

Le vieux roi répliqua :

Te voilà toujours noble et bien éduqué, je suis âgé et très fatigué la royauté ne m’apportera plus grand chose .

Tu as toutes les qualités requises alors règne sur LE SINE de tes ancêtres .

En sortant pour rejoindre son village maternel il s’arrêta brusquement pour l’interpeller en ces  mots:

Au Gabon j’ai rencontré un SAINT du nom de AHMADOU MBACKÉ,IL n’est point fautif, IL est juste victime de calomnies et complots .

N’oubliez pas aussi de me ravitailler en viande ( en bon ceddo ). IL retint ses paroles,s’acquittait de la requête et tint compte du témoignage de son oncle dont le nom en enseignait sur les relations séculaires entre les MBACKÈ ET LE NOBLE SINE .

En 1903, le 7juin précisément ,le gouverneur Camille Lucien Xavier Guy ( 1902-1907) Avec la complicité de 83  » rois et marabouts corrompus voulut comploter sur le dos de l’ HÉRITIER ET SERVITEUR DU PROPHÈTE (saw).

En effet après le retour du SHEIKH, IL fit un tour  chez ses frères et grands disciples qui s’étaient proposés de réfectionner la maison de DAROUL MANAANE alors 12 lits démontés et emballés furent acheminés vers le village précité par MAME CHEIKH ANTA.

Sur la route pendant que la caravane se reposait un informateur du colon qui se nommait Démba Ndeury vint saluer et tâta les bagages ,il se fit hâtivement une religion sur la nature du convoi et se précipita pour renseigner ses maîtres .

Les français pris de panique convoquèrent leurs alliés autochtones pour étouffer une éventuelle guerre du SHEIKH dans l’œuf .

Les traitres se succédèrent devant leur mentor pour traiter KHADIMOUR RASSOUL de tous les noms d’oiseau et proposèrent tantôt le poto tantôt la guillotine..

Quand celui qui incarnait toute la noblesse seérère, le souverain de DIAKHO,celui à qui le sang et le lait dictaient une conduite prit la parole,fort du viatique de son oncle du haut de sa prestance de son charisme mais surtout de sa jeunesse harangua la meute :

S’il s’agit de CHEIKH AHMADOU BAMBA, IL EST PIEUX PAISIBLE ET SANS REPROCHE, JE ME PORTE GARANT QUE CES ALLÉGATIONS SONT FOSSES.

Le gouverneur Camille répondît:

– Et si c’est avérées ?

Le jeune Roi esseulé par son opinion reprit :

-ALORS RETIREZ MOI MON MANTEAU ET LE TRÔNE DU SINE .

L’administration coloniale dépêcha un escadron dirigé par Mbakhane lat Dior à Daroul manaane Pour une perquisition .

L’avisé GUELEWAAR sut la duplicité du colonisateur mais surtout des jaloux,chefs religieux et coutumiers confondus, ne rentra pas à son fief,il se mit à LA tête d’une excursion de quarantes  guerrières SINE-SINE .

Arrivé à Daroul manaane, vers le crépuscule après les cordialités on lui proposa de se reposer, IL refusa catégoriquement de peur de dormir avant l’arrivée de Mbakhane .

IL ne voulait pas donner l’occasion aux Wolofs d’emmener avec eux des armes qu’ils glisseraient dans la demeure DU SHEIKH .

COUMBA NDOFENE FANDEF DIOUF repartit par groupes de dix à chaque point cardinal.

Quand le prince cayorien arriva, le SHEIKH s’était déjà retiré dans ses appartements Pour méditer et adorer DIEU.

Le valeureux ROI interdit à abdoul khafour l’accès par respect á l’intimité du SHEIKH.

Quand IL insista COUMBA NDOFENE lui proposa un duel à mort pour voir la parole de qui va demeurer .

Mbakhane détourna son cheval de la porte principale et fonça,faisant tomber les palissades , IL fit le tour de la maison frappant avec arrogance son sabre sur les mallettes et valises du SHEIKH mais ne découvrit que livres, encre et thé.

C’est en ce moment que le courageux MAME THIERNO l’interpella et le somma de diriger son yatagan sur les hommes s’il en avait la témérité .

Mbakhane aussi était un noble qui cohabitait  mal avec la honte du mensonge,il rentra très affligé .

Ainsi le VALEUREUX ROI DU SINE FORÇA LES PORTE SE L’HISTOIRE   ET ARRACHA UNE PLACE DE CHOIX DANS LE PANTHEON DES DIGNES FILS D’ AFRIQUE  .

LA FAMEUSE LETTRE [PAR: M. MOUSTAPHA DIOP]

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Dans la semaine, je vous ai parlé longtemps des groupes qui s’activent à dire du mal sur Serigne Touba dans la toile uniquement dans le but de semer le doute dans la tête des faibles sénégalais.

Figurez-vous que des gens dans le groupe des wahabis ont sorti une lettre qui se trouvait dans la thèse du Pr Rawane Mbaye. Dans cette lettre que Serigne Touba aurait écrit, il explique le fait qu’il ne s’était présenté suite à la convocation de l’autorité coloniale et pour cause de maladie qu’il cachait depuis son retour du Gabon et à même ses proches.

Donc, selon le contenu de la lettre, Serigne Touba était malade et qu’il ne pouvait même pas marcher sans qu’il ne s’essouffle. Avant de continuer, revenons sur la lettre en elle même. Est-elle authentique ? Est-elle écrite par la main de Serigne Touba ? Si Oui qu’est ce qui prouve qu’il est l’auteur ? Pourquoi dit-on qu’il est l’auteur ? Parce qu’elle figure dans les archives ou bien dans la thèse du Pr Rawane Mbaye ?

Ces types de lettres ne sont pas nouvelles. La lettre qui a permis à l’autorité coloniale de déporter Serigne Touba est une lettre que Mame Abdou Lo avait écrite avec le sceau personnalisé de Samba Laobé ( Serigne Falou Mbacke). Donc, il faut faire attention avec les lettres. C’est pareil quand je vois une lettre adressée à Madame Ponty et dont on dit que Serigne Touba en est l’auteur. Certains utilisent cette lettre comme une arme sans jamais se demander si la lettre était authentique ou non ? Ou qu’elle émanait de Serigne Touba ou non ?

Ces choses ne les intéressent pas. Ce qui les intéresse ce sont les choses suivantes : tant que c’est dans les archives, nous sommes preneurs, tant que cela semble rabaisser Serigne Touba même si ce n »est authentique et véridique. Tout ce qui se trouve dans les archives n’est pas véridique. Mais bon, une telle chose n’intéresse pas un haineux. Si Paul Marty a dit que Mame Maodo avait des concubines dans sa maison ( Excusez moi du terme). Tout le monde sait que c’est absolument faux. Tout le monde sait qu’il a écrit n’importe quoi.

En même temps, tout le monde sait que Mame Maodo n’est pas dans ces choses. Personne n’y croit et même l’ennemi le plus irréductible de Mame Maodo n’y croit à plus forte raison ceux qui se réclament de lui. Alors, pourquoi certains croient fermement aux paroles de Paul Marty sur Serigne Touba ou sur Mame Cheikh Ibra Fallait et pourquoi ils ne croient pas ce qu’il affirme sur Mame Maodo ?

Quel intérêt Serigne Touba tire en parlant sur Madame Ponty ? Pourquoi croire qu’une telle lettre émane de Serigne Touba, alors que la parole de Marty sur Mame Maodo est fausse ? Cherchez l’erreur et les incohérences. Les colons étaient venus non seulement pour nous exploiter, mais nous diviser afin de mieux asseoir leur domination. C’est pour cette raison qu’ils ont cherché à utiliser certains comme armes afin de tirer sur d’autres dans le but de les anéantir. Dommage que certains par pure partisanerie continuent à croire encore sans aucun regard critique sur ce que les colons nous ont laissé qu’il soit des archives ou autres choses. Soyons réfléchis et prudents dans l’exploitation des archives. Elles ne doivent pas être des armes.

Si je cherche à comprendre un Mame Maodo ou un Sheikh Oumar, je ne vais pas me diriger dans les archives des colons. Ces derniers ont toujours dit du mal sur ceux qui les combattaient sur le terrain. Sheikh Oumar en est un exemple fini. Donc pourquoi certains continuent à prendre leurs paroles pour du Coran ? À chaque fois que j’entends un homme dire ça figure dans les archives, j’en rigole.

Parce que je sais qu’il est tombé dans le piège des colons et en même temps, il n’est pas un chercheur. Les archives ne sont qu’une source parmi d’autres sources. Alors pourquoi vouloir privilégier une source sur d’autres ?

D’autant plus que ce sont les mêmes gens qui te parlent de libération, de lutte contre le néocolonialisme, etc.

Sokhna Mominatou ou l’ascétisme au féminin [Par: Cheikh Ahmadou Sour].

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Sokhna Mouminatou Mbacke, bint Cheikhoul Khadim

Au sein de la crème des pieux prédécesseurs, elle retrouva sa place. Elle peut bien rivaliser avec tous ceux qui avaient déjà emprunté le chemin de la perfection qu’est le Soufisme.

Sokhna Mominatou, née à Ndiarém en 1914, elle est la fille du Chantre de la Mouridiyah, Cheikh Ahmadou Bamba et de Sokhna Faty Sylla. Parlant d’elle, c’est aussi faire l’éloge du troisième fondement de l’islam, la voie soufie. Elle fut son esprit vivant et ambulant. Sa vie définit l’ascétisme au sens authentique du vocable avec ses principes et coutumes. Elle s’était adonné sans fin à cette philosophie de la perfection spirituelle.

Sa spécificité est qu’au delà de cette vie austère, sa charge conjugale n’était pas en ruine. Sokhna Mominatou, de toutes les concessions qu’elle a eu à passer en quête de son seigneur auprès de ses vénérables époux, Serigne Mbacké Bousso ensuite Serigne Modou Awa Balla, s’est distingué rigoureusement dans la piété et l’assiduité dans ses œuvres ménagères.

Ses quotidiens, elle les partageait entre lecture et enseignement du saint coran tandis que ses nuits furent entièrement réservées aux actes de dévotion : prières et exaltation divine. Aucune tierce de sa vie bénite n’était réservé au vide. Dans sa cours, les générations des filles s’y succédèrent lesquelles recevront d’elle une éducation sublime digne de celle reçue des mères des croyants à l’époque du Prophète (Psl).

Elle était le croisement des nobles caractères. Une générosité héritée, une piété sans précédent, un altruisme dépourvu de borne, avec une humilité sans égal, tels sont les qualificatifs de la sainte dame. Elle vouait au Cheikh un amour indescriptible. Elle lui suffisait d’entendre son nom pour retrouver son joie ultime même dans ses moments d’extase. Une socle de référence, elle est disparu en 1988.


Qu’Allah le rétribue le centuple de ses innombrables bonnes actions et intentions.

Cheikh Abdou Ahad ou le Seigneur du verbe [Par Cheikh Ahmadou Sour].

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Cheikh Abdou Ahad ne s’est pas éternisé ni simplement par sa filiation ou son privilège de rang social mais s’il siège à jamais dans le cœur des mourides c’est qu’il nous a légué une sagesse dont les temps présents et celles du futur ne cesse d’affirmer.

Cheikh Abdou Ahad à la parole a été pour le sénégalais de son époque comme un évènement dont le rater est une pire malchance. Il savait tenir un discours sans fauter. Un fin stratège de communication, il capte aisément son auditeur au premier mot de son allocution.

Sa simple salutation dans sa voix éclairée d’une rarissime éloquence était motif d’extase chez bon nombre de mouride. Dans ses discours, tout mot était lourd de sens, aucun geste n’était fortuit. L’art oratoire en plein vigueur. Aux nombres de destinataire, était égale aux parties de son exposé avec sa frappante introduction rappelant à tous la raison d’être de notre présence dans ce monde éphémère.

En général, il s’adressait d’abord au pouvoir politique dès son entame avec s’il y’a lieu des remerciements pour leur effort au profit des citoyens suivie d’un rappel à leur fonction d’être au chevet de leur population, préserver toujours l’intérêt national.

A la fin de son message aux gouvernants, s’en suivit les exhortations envers ses condisciples musulmans notamment les mourides lesquels il adresse à nouveau des salutations avant de leur inciter à l’adoration puis de vivifier le pacte d’allégeance qui les relie du cheikh.

Cette stratégie spécifique de communication permet à chaque frange de ses destinataires d’identifier sa part dans son message. Les mots étaient bien à son portée, verset comme vers, il les citait sans hésitation.

Le Discours Mouride entre Rationalistes et «Daanukat » [Par S. A. Aziz Mbacké Majalis]

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Un problème intéressant au sein du Mouridisme, et que l’on n’a pas encore assez traité jusqu’ici, à notre sens, est la dichotomie qui a toujours existé entre les perceptions et attitudes des disciples mourides, dont deux groupes principaux semblent, à première vue, se distinguer et coexister avec plus ou moins de heurts. Ceux que l’on est tenté de qualifier d’« orthodoxes » (qui, théoriquement, fonctionnent davantage à l’intellect et aux « textes » par rapport au message de Cheikh A. Bamba) et ceux que ces derniers appellent les « daanukat » (qui, théoriquement, privilégient l’émotion, les aspects transcendants et les faveurs spirituelles du Cheikh aux enseignements formels). Cette subdivision (assez schématique, nous en convenons) nous paraît d’autant plus digne d’intérêt qu’elle démontre une certaine diversité d’approches dont la pluralité dans le Mouridisme devrait imposer, de la part des chercheurs, une perspective plus complexifiée du « discours » mouride en tant que tel.

Il est aussi intéressant de noter que la première tendance, qui se perçoit et se définit comme plus « intellectuelle », fait de nos jours de plus en plus d’émules chez les mourides modernes (surtout ceux éduqués à l’école française, de même que parmi les intellectuels dits « arabisants »). C’est ainsi que ces derniers se consacrent très souvent à dénoncer les « daanukat » dont les actes sont jugés « excessifs », « non éclairés », « contraires à l’orthodoxie » ou de nature à aggraver les traditionnels clichés de fanatisme et d’ignorance des mourides depuis toujours entretenus par leurs adversaires. Ainsi l’usage largement popularisé et symptomatique chez les mourides contemporains des expressions « Na ñu bayyi daanu yi » (Evitons de tomber dans l’émotionnel) ou « Da fay daanu rekk ! » (Il n’est point rationnel !), pour parler d’un condisciple jugé trop « irréfléchi », surtout dans son insistance considérée comme « exagérée » sur les aspects purement mystiques et émotionnels, montre aujourd’hui que le vocable originel de « daanu » (littéralement « tomber (en transe) », renvoyant aux transes spirituelles pour lesquelles les premiers disciples mourides étaient connus et redoutés, surtout lors des séances de dhikr et de déclamation de qasidas) est devenu pratiquement péjoratif dans le langage mouride moderne. Comme le démontrent d’ailleurs les critiques de beaucoup de mourides actuels sur les discours considérés comme apologétiques, trop portés sur les miracles ou même, à la limite, légendaires de certains conférenciers traditionnels.

Ceci, au moment où la survivance bien réelle de cette seconde tendance dite « émotionnelle » tend à critiquer, en retour, le discours jugé trop « tiède » des mourides « rationalistes » qui, d’après eux, ne s’engagent pas très souvent assez fortement et physiquement sur le terrain. Ils les accusent également de se cantonner généralement dans les raisonnements discursifs et les aspects exotériques, ce qui ampute la réalité du Mouridisme et rend de façon incomplète la pleine valeur mystique des faveurs extraordinaires et inédites de Cheikh A. Bamba qui, à travers leurs exposés, devient alors un simple savant et un penseur comme les autres, et non plus un Saint imbu des Bienfaits infinis dont il se réclame lui-même dans ses écrits… Il serait très difficile de décrire ici toutes les manifestations au sein du Mouridisme de cette divergence de vue qui transparaît, par exemple, dans les discours et causeries publics, dans l’appréciation positive ou négative des prêcheurs et conférenciers, dans les activités prioritaires des dahiras, dans les différences d’attitudes et de comportements des mourides, dans leurs rapports avec leurs guides spirituels dont les profils également différent souvent selon cette même dualité etc.

A notre avis, la rigidité des positions quelques fois constatée dans cette controverse, bien que compréhensible et même nécessaire sous un certain rapport (les hommes étant naturellement différents, de même que leurs priorités), ne devrait nullement prendre l’ampleur que l’on veut souvent lui donner. Surtout si on l’analyse sous le prisme des enseignements du Cheikh qui, à notre sens, penchent plutôt vers une attitude plus équilibrée et globalement plus modérée que celle des deux tendances. En effet, la religion en tant que telle comporte à la fois des éléments discursifs et exotériques (zâhir), qui parlent à l’intellect pur, et d’autres aspects métaphysiques et ésotériques (bâtin) qui parlent au cœur (qalb).

Ce dernier constituant même, en Islam, l’organe de perception et de connaissance par excellence qui complète celles de l’intellect (‘aql). Comme le suggèrent d’ailleurs maints versets du Coran qui ont résolu depuis longtemps l’équation philosophique des rapports entre la raison et le cœur : « N’ont-ils pas des cœurs avec lesquels ils réfléchissent ?» (22 : 46), « Ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas. » (7 : 179) etc. Versets qui justifient d’ailleurs ce que les grands maîtres dénomment la « science des cœurs » ou ‘Ilmul Qulûb. Ainsi, tout en magnifiant l’excellence de la raison et la valeur des serviteurs de Dieu « doués d’intelligence » (ûlul albâb) invités à méditer sur les Signes de Dieu dans l’univers, l’Islam n’en exalte pas moins pour autant la valeur de l’émotionnel et des sentiments humains dans l’adoration de Dieu. Tel que l’expriment par exemple les pleurs des Elus de Dieu dans le Coran, assimilables, en un sens, aux actes réflexes des « daanukat » : « Lorsqu’on leur récitait des signes du Seigneur Miséricordieux, ils tombaient prosternés, en pleurant.» (19 : 58). Et bien d’autres récits qui décrivent l’impact des sentiments d’exaltation des Compagnons du Prophète et des vertueux musulmans suscités par leur Amour infini envers Dieu.

L’on peut même sans risque soutenir que c’est précisément cette passion religieuse indescriptible et cette ardeur spirituelle extraordinaire (qui n’est rien d’autre qu’un débordement de la Himmah , ou détermination spirituelle, réhabilitée par Cheikh A. Bamba) qui permit aux premiers musulmans de s’engager dans une entreprise qui, « rationnellement » parlant, ne présentait pas à priori tous les gages du succès ultérieur. N’a-t-il pas ainsi fallu aux Sahâba se comporter comme des « daanukat » pour accepter aussi « aveuglément » de combattre à Badr, devant une troupe mieux armée et trois fois plus nombreuse qu’eux ? Cheikh A. Bamba lui-même ne se comportait-il pas en « daanukat » chaque fois qu’il s’agissait de démontrer son amour et son attachement incommensurable au Prophète, au point de sacrifier « ses enfants, sa famille, ses biens et toute son intégralité » en échange de cet amour ? Les premiers mourides auraient-ils pu se sacrifier si glorieusement et asseoir durablement un héritage dans lequel nous avons si peu de mérite sans cet esprit de « daanukat » qui les caractérisait et qui constituait, à leurs yeux, un qualificatif qu’ils valorisaient considérablement ?

Car, contrairement à notre époque, la formule « Ab muritub daanukat bu mag la ! » (C’est un mouride extrêmement passionnel et engagé !) était le plus grand compliment que l’on pouvait faire à un mouride imbu de Pastéef. Sachant surtout que cet épithète ne rimait pas forcément avec cette absence totale de rationalité et la non-conformité aux principes dénoncée de nos jours. La perte de cet esprit d’engagement émotif et sans calcul ne risquerait-il pas, à contrario, de transformer les mourides, comme c’est le cas chez beaucoup d’intellectuels contemporains, en simples adhérents théoriques et passifs à la doctrine du Mouridisme, sans nécessairement être prêts aux sacrifices personnels qu’un tel engagement requiert ? Ne risque t-elle pas de les transformer finalement en mourides sans Himmah et sans cette capacité de dépassement, d’aller au-delà du possible que permet l’émotion ? L’esprit critique, pour être souvent nécessaire, reviendrait-il, comme c’est fréquemment le cas chez la plupart des « anti-daanukat » modernes, à critiquer tout ce qui dépasse leur entendement ou s’avère cartésiennement non démontrable ?

C’est donc dire que, contrairement à la critique actuelle de l’aile « rationaliste » des mourides (dans la tête de file desquels d’aucuns nous ont quelques fois rangés, à notre corps défendant), de plus en plus tentés de négliger, bien qu’inconsciemment quelques fois, cet aspect miraculeux et émotif du message de Cheikh A. Bamba au profit de sa pensée sociale, l’aspect purement émotionnel et transcendantal de tout enseignement authentiquement religieux et mystique constitue une donnée incontournable sans laquelle ledit message ne serait nullement complet en tant que tel et ne serait, en définitive, qu’une idéologie tout à fait humaine.

D’ailleurs, il faut bien s’en souvenir, c’est Cheikh A. Bamba lui-même en premier qui a fait des déclarations sans équivoque sur les faveurs divines exceptionnelles qu’il a reçues du Seigneur dans des écrits accessibles à tous, après en avoir obtenu la Permission auprès de son Seigneur (d’après ce qu’il nous en dit lui-même). Ne faudrait-il pas ainsi aux « rationalistes » mourides songer à censurer ces vers « daanukaté » et considérer comme apocryphes les écrits de Cheikh A. Bamba comportant une quelconque référence aux avantages « irrationnels » (car dépassant l’esprit du commun) dont il s’est dit investi ? Si oui, ne faudrait-il pas également penser, pendant qu’ils y sont, à réécrire le Coran et à en retirer tous les passages miraculeux ou à priori « irrationnels » (comme les fourmis qui parlent (sourate 27), les Anges combattants de Badr, le voyage céleste du Prophète etc.) susceptibles de heurter la logique cartésienne moderne, comme n’hésitent d’ailleurs pas à le suggérer crânement de nos jours certains penseurs rationalistes musulmans fortement influencés par le dictat intellectuel mondialisé ? Alors que la réalité triviale est, à notre avis, que la religion ne peut être pleinement appréhendée et pratiquée en dehors de ses aspects supra rationnels…

Ainsi, au lieu de prétendre mutiler la foi de cette dimension émotive qui lui donne en vérité sa valeur et qui n’est que le signe des débordements d’amour pour Dieu, la véritable question méritant d’être envisagée, à notre avis, consiste à mieux définir les limitations de cette dimension qui doit être assujettie à certaines règles en dehors desquelles elle risque de contredire l’esprit de l’adoration elle-même et de verser dans des excès effectivement condamnables. Au lieu de nier le miraculeux, sous prétexte qu’il risque de mener vers les excès, il vaut mieux apprendre à ceux à qui est destiné son message à mieux décrypter ledit message, à ne pas l’interpréter dans un sens qui ne lui siérait point et à ne pas s’y fonder pour justifier des attitudes en contradiction flagrante avec les principes divins. Car, à l’analyse, l’on se rendra compte que la dénonciation des « daanukat » porte plutôt sur l’interprétation souvent erronée et abusive qui en est faite par certains disciples mourides qui, sous prétexte de « daanu » (émotion) et de « bëgg Serigne Touba » (amour pour Cheikh A. Bamba) tombent dans un grand nombre de travers, de dérives, d’hérésies et de graves accommodements que ne peut justifier que l’ignorance ou des passions humaines n’ayant rien à voir avec Serigne Touba. Mais en critiquant, bien à raison, cette tendance de faux daanukat, qui fut à la base d’un grand nombre de clichés actuels sur le Mouridisme, l’autre tendance dite « rationaliste » commit à son tour l’excès de ne pas faire la distinction entre le principe en tant que tel (qui est tout à fait louable et même indispensable) et certaines pratiques dénaturées se fondant fallacieusement sur ledit principe. Risquant ainsi de jeter le précieux bébé du « daanukaté mouride » avec l’eau du bain des usurpations des faux daanukat (ce constat des excès souvent commis pour combattre d’autres excès nous semble d’ailleurs être un élément assez universellement partagé dans l’Islam).

En définitive, notre conviction est que le juste équilibre entre les deux postures constitue la meilleure attitude à adopter. Cette vision du « rationalisme danukaté » mouride ou du « daanukat intellectuel » (que beaucoup de mourides équilibrés ont réussi à adopter) revient à toujours privilégier la connaissance, la fidélité à la lettre des enseignements de l’Islam tels que revivifiés par Cheikh A. Bamba, à utiliser pleinement ses capacités intellectuelles dans toute démarche le requérant, tout en étant convaincu qu’il existe nécessairement des aspects à priori irrationnels et tout à fait émotifs dans la foi, qui en font partie intégrante et sans lesquels elle ne serait nullement complète. Cette dualité sharia-haqiqah étant d’ailleurs concomitante dans les écrits et les enseignements du Cheikh : « Il est considéré comme obligatoire pour tout fidèle de combiner le respect envers les règles religieuses formelles (Sharia) et la conformité envers les aspects mystiques internes (Tasawwuf) (…) Quiconque parvient à associer les deux constitue un excellent modèle de conduite qu’il faudra imiter.» (Masâlik, v. 89).

Ainsi, de la même façon que l’on ne saurait légitimer les excès ou transgressions que certains mourides se permettent en prétendant se baser sur les faveurs mystiques de Cheikh A. Bamba, l’on ne saurait non plus honnêtement admettre, chez un mouride, le fait de nier, même inconsciemment, ou de limiter ces faveurs selon nos seules conceptions rationnelles. Même si c’est pour combattre ces excès, défendre la pureté du message du Mouridisme chez l’observateur non averti ou par simple complexe envers les critiques anti-soufies, salafistes ou matérialistes du Mouridisme. C’est, en d’autres mots, l’heureuse combinaison de la Shari’a et de la Haqiqah qu’il importe à tous de cultiver, dans un équilibre n’entamant nullement l’un des deux principes au détriment de l’autre. Le plus difficile sur cette question étant, encore une fois, d’adopter le juste milieu…

(Extraits de l’essai «KHIDMA, la Vision Politique de Cheikh A. Bamba»)

Soutien au peuple Palestinien : Une délégation du Khalife général des Mourides reçue par l’ambassadeur de la Palestine

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Le 20 mai 2021, Cheikh Mouhammadoul Mountakha Mbacké, Khalife général des Mourides, a dépêché une délégation auprès de l’ambassadeur de l’autorité palestinienne au Sénégal. Cette délégation, composée de membres de Rawdu-r Rayâhîn, avait à sa tête Serigne Cheikh Fatma Mbacké Ibn Serigne Moustapha Bachir .La délégation a remis à M. l’Ambassadeur une déclaration rédigée en français et en arabe.

ERREURS ET ERREMENTS D’UN « PROFESSEUR » [Par: Falilou Ndiaye]

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Les déclarations du « Professeur » ayant suscité ces derniers jours, l’ire de beaucoup de mourides, ne peuvent être lues que sur la base d’une incompréhension assez manifeste des relations entre les guides religieux et les colons. L’exemple d’autorisation de construction d’édifices religieuses (Mosquée de Diourbel) pour justifier une imaginaire intervention de l’autorité coloniale sur les pratiques cultuelles des leaders confrériques démontre aisément l’absence de recherche scientifique et d’interrogation rigoureuse sur ce qui fondait les rapports entre religieux et colons.

Pourtant, la déclaration de Serigne Abdoul Ahad Mbacké sur la position de Serigne Touba sur le croissant lunaire montrait déjà que la célébration des 2 korités ou 2 tabaski n’est pas récente contrairement aux allégations du « professeur ». Qui sur un ton assez courageux semble être témoin de l’histoire malgré son très jeune âge. Une lecture simple de l’histoire montre facilement que la problématique de datation des fêtes religieuses a toujours existé au Sénégal du fait de l’interprétation des textes. La seule chose ayant changé jusque-là, est le tapage médiatique qui de nos jours peut susciter un semblant de divergences pouvant saper la cohésion et la paix sociale. Raison pour laquelle, Serigne Sidy Mouhtar défunt calife des mourides (appuyé pour Serigne Abdou Aziz Al Amine défunt calife des tiijaan) avait posé des actes forts visant à amener les leaders confrériques à célébrer ces fêtes ensemble. Cohésion inter-confrériques jusque-là maintenue et réussie depuis près d’une décennie et bizarrement ignorée par la plupart des « professeurs » virtuels adeptes du « wax muy dox ».

« Jeûnez à sa vision et rompez le jeûne à sa vision et si vous êtes empêchés par des nuages alors complétez le nombre de jours de Cha’ban à 30 jours ». Interpréter ce Qadith par le fait que les arabes avaient un faible accès à la science (astronomie, géométrie) pour dire qu’on peut jeûner en se basant sur les calculs est une hérésie. La plus part des savants des quatres écoles juridiques sont en consensus sur le fait qu’il n’est pas permis de se baser sur des calculs astronomiques pour déterminer les dates du mois de Ramadan.

L’imam Ahmed Ibn ‘Ali Al Jasas Al Hanafi (mort en 370 du calendrier hégirien) a dit: « Celui qui dit qu’il faut prendre en compte la position de la lune et les calculs des astronomes est sorti du jugement de la charia et cette question n’est pas une question dans laquelle l’ijtihad est possible car le Coran, les textes de la Sounna et le consensus montrent l’inverse ». (Ahkam Al Quran 1/250)Cheikh Al Islam Ibn Taymiya (mort en 728 du calendrier hégirien) a dit : « Nous savons forcément que dans la religion de l’Islam, concernant la vision de lune pour le jeûne, le pèlerinage, le délai de viduité et autres parmi les règles en rapport avec la lune qu’il n’est pas permis de mettre en pratique le calcul de l’astronome. Les textes du Messager d’Allah (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) montrant cela sont nombreux et les musulmans sont en consensus sur ce point ». (Majmou’ Al Fatawa 25/132)L’imam Siddiq Hassan Khan (mort en 1307 du calendrier hégirien) a dit: « La détermination des jours et des mois par les calculs en fonction des positions de la lune est une innovation par consensus de la communauté ». (Rawdatou Nadiya 2/11)

Cher « Professeur » compromis n’est pas compromission:Dans la relation entre Serigne Touba et l’autorité coloniale, il y a lieu de distinguer ce que peut être un compromis et une compromission.

Ecouter et appliquer les directives d’un nom musulman pour la réalisation d’un acte cultuel relève d’une compromission. Ce qu’aucun mouride ou tiijaan ne peut accepter. C’est là part insultante qui a fait réagir ceux qu’il traite de meute, d’imbéciles, d’idiots ou de cons. Le « professeur » aurait pu se contenter de parler d’un quelconque télégramme ayant pour objet d’informer uniquement. Ce serait jusque-là compréhensible.

Il y a dans la démarche de Serigne Touba de l’époque précédant les hostilités jusqu’à l’époque apaisé de résidence surveillée à Diourbel, une constance dans ces principes accompagnée d’une adaptation selon les contextes changeant en dépit de la diversité des situations. La constance dans sa démarche s’illustre à travers son soucis permanent de fidélité à l’enseignement coranique et à la « Sunna » du Prophète (Psl). Adaptation et Constance ou Principe et Méthode qui non compris peuvent amener tout « professeur » ayant la paresse de faire une recherche sérieuse et rigoureuse à des conclusions erronées. L’exemple patent du traité de Hudaybia pour étayer la possible injonction du colon dans les pratiques cultuelles de nos guides confrérique en est une preuve tangible. Car ce traité conclu entre le Prophète (Psl) et les Quraïchites bien que difficilement accepté par ces compagnons ne remettait en question en aucun cas les fondamentaux de la religion et ne faisait aucune injonction sur la manière d’accomplir leur acte cultuel. Ce traité ne visait entre autre qu’à permettre à notre Prophète (Psl) de faire son Pélérinage sans être inquiété et n’influençait en aucun leur manière d’accomplir le cinquième pilier de l’Islam. Jeûner ou rompre son jeûne par le biai d’un télégramme fournis par le colon avec tout ce que cela implique dans la Chari’a (rsique de Kafaara, Jeûner un jour de Eïd) remet en question l’expertise dans les sciences lunaires de l’école de Serigne Mbacké Bousso tant chantée par Cheikh Anta Diop. Cette injonction du pouvoir colonial dans les pratiques cultuelles remet aussi en question la crédibilité des héros musulmans (Cheikh Ahmad Bamba, Elhadj Malick Sy et Elhadj Abdoulaye Niass). « A vous votre religion, à moi la mienne » [ Coran 109:6].

Invoquez le nom des guides religieux appartenant à la confrérie à laquelle on fait partie (Elhadj Malick Sy, Elhadji Abdoulaye Niass), ne peut en aucun cas amener un esprit critique à croire en l’objectivité d’une telle déclaration.

Voir l’adaptation de la posture du Cheikh par rapport aux stratégies changeantes des colons comme une sorte de compromission relève de la méconnaissance des principes qu’il défendait. Utiliser l’exemple d’autorisation de la construction d’une Mosquée pour justifier la possible injonction du colon dans nos activités religieuse est un signe manifeste de mauvaise fois et de lecture erronée de l’histoire. La participation d’un non musulman (Colon) dans la construction d’un édifice religieux (Mosquée) ne peut en aucun paraître comme une COMPROMISSION. Car n’ayant aucun impact sur notre manière d’adorer notre Seigneur. Cela ne définit ni le temps (heures de prières calendrier lunaire) ni l’orientation de ceux qui prient (Qibla). Bien au contraire, Il s’agit d’échanges de biens et services pour des projets de la cité. « Et si les mécréants inclinent à la paix, incline-toi aussi vers la paix et place ta confiance en Dieu… Et s’ils veulent te tromper Dieu te suffira. C’est bien Lui Qui t’avait soutenu auparavent par Son secours… » [Coran 8 : 61].

L’interview de Serigne Fallou Mbacké sur son soutien à Senghor pouvait pourtant servir au « Professeur » de comprendre le champs de délimitation de l’action gouvernementale dans les activités et projets du religieux. « Nous avons aidé Senghor parce que pour nous il est le plus apte à gérer la cité mais pas pour s’immiscer dans nos affaires spirituelles et religieuses… »Bref, si Serigne Touba avait accepté une quelconque compromission comment se fait-il qu’il fut contraint en résidence surveillée jusqu’à la fin de sa vie. Négocier sa « liberté » de pouvoir réaliser son projet de Pèlerinage à la Mecque et d’aller à Touba sa Ville préférée, ne serait-il pas beaucoup plus important pour lui que de se laisser dicter ses jours de jeûne et de rupture?

Falilou Ndiaye

RESTAURER LA CONFIANCE ENTRE MUSULMANS DU SÉNÉGAL.

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Une partie de la communauté sénégalaise a décidé de célébrer la fête de l’Aid El Fitr ce mercredi sur la base de l’apparition de la lune dans 3 pays de la sous région alors que la grande majorité des sénégalais va attendre ce soir pour décider de la conduite à suivre.

Au-delàdes divergences d’approche jurisprudentielle entre partisans de l’observation différenciée dans chaque zone géographique (ikhtilaf Al matalie) et ceux de l’observation unifiée dans tous les pays du monde (ittihad Al Matalie), il s’agit plus d’un manque de confiance entre musulmans du Sénégal.


En effet, ces divergences sont étroitement corrélées à nos différences idéologiques entre communautés d’obédience soufie et non soufie, tout au moins à une ou deux exceptions près. Sur ce coup, Le Sénégal se distingue lamentablement du reste du monde par l’incohérence de nos positions là où partout ailleurs les communautés musulmanes arrivent à se mettre d’accord sur une approche jurisprudentielle et définir un calendrier lunaire acceptable et accepté de tous.


Malgré notre tradition de bon vivre-ensemble entre communautés religieuses, Notre pays est caractérisé par un manque de confiance entre certains musulmans qui se regardent en chiens de faïence s’accusant mutuellement, parfois de mécréance et d’innovation pour les uns ou d’irrévérence a l’endroit de leurs guides religieux pour les autres.
Comment instaurer un climat de confiance quand le minimum requis pour le vivre ensemble et le respect de la différence n’est pas rempli par les différentes parties?


En matière de scrutation du croissant lunaire, la probité morale de la source d’information est primordiale, de surcroît quand il s’agit de personnes ne partageant pas les mêmes points de vue sur moult questions.
Au demeurant, soufis et musulmans réformistes sont condamnés à vivre ensemble
La divergence entre Oulémas est une miséricorde de Dieu et je suis sûr que Dieu ne punira pas une communauté dans son souci de s’unir sur la voie d’Allah.

وَتَعَاوَنُوۡا عَلَى الۡبِرِّ وَالتَّقۡوٰى‌ ۖ وَلَا تَعَاوَنُوۡا عَلَى الۡاِثۡمِ وَالۡعُدۡوَانِ‌ ۖ

Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes oeuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Nous dis le Coran.

Alors les musulmans sénégalais doivent se faire confiance et s’accorder sur une approche jurisprudentielle en matière d’observation du croissant lunaire.
Pour cela, il faut que nos techniciens du Fiqh aient plus le sens du dépassement et s’arment de sagesse dans leur approche jurisprudentielle car en fin de compte, Nous avons tous raison. Alors soyons tous raisonnables pour le bien de tous et au nom de l’Islam et de la Nation qui nous lie.
C’est seulement au bout de cette unité et de la confiance entre coreligionnaires qu’une réflexion profonde pourra être menée pour prendre en compte les aspects scientifiques et organisationnels pour la mise en place d’un organe unifié de scrutation du Croissant lunaire.
Aid Moubarak !


Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy
Cadre Unitaire de l’Islam

Fondation Sokhna Baly Mountakha

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La fondation mise en place par Sokhna Bally Mbacké Mountakba a organisé une grande journée sociale au cours de laquelle plus 60 millions de FCFA en nature et en espèces ont été distribués aux nécessiteux, structures sanitaires, Daaras et kourels qui œuvrent dans le social. La distribution a eu lieu le 10 mai 2021 à la Résidence Khadimou Rassoul de Touba Daroul Manane.

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